discussion  » Les brûlures » Zidrou et Laurent Bonneau, Grandangle, 2019


Voilà une station balnéaire où il ne fait pas forcément bon vivre, surtout si l’on exerce le métier le plus vieux du monde. Est-ce bien le plus vieux me direz-vous ??? L’information resterait à vérifier, mais ce n’est pas notre propos.

Dans l’immédiat imaginons un décor presque idyllique, des récifs, une côte escarpée offerte aux couchers de soleil, des villas somptueuses, des naïades dignes d’Alerte à Malibu, mais aussi les sunlights de la nuit et les rencontres potentielles…parfois fatales.

Ajoutons à cela le meurtre barbare de trois prostituées manifestement liées par un secret mortifère, un riche éleveur peut-être douteux et un duo de flics qui n’a rien à envier à Starsky et Hutch et nous nous trouvons plonger dans un scénario prometteur.

L’enquête échoie en effet à Nutella, le « black » devenu flic parce qu’il n’aimait pas le hip hop mais qu’il aspirait tout de même à sortir de sa banlieue, et Light, ainsi surnommé parce qu’il n’est vraiment pas une lumière. Le véritable intérêt du récit réside d’ailleurs dans cette paire policière, émoussée par la vie, qui nous ravit par ses dialogues et nous émeut par son blues.

« La vie, c’est comme la piscine. Il y a tjrs quelqu’un pour t’apprendre à nager. Mais difficile de trouver quelqu’un pour t’apprendre à te noyer. »

Light compense ses insatisfactions à coup de hamburgers, Nutella préfère « se nettoyer » à la piscine : « Il faut aussi savoir se mouiller ». Mais sans doute a-t-il d’autres motivations, comme cette inconnue qui dévoile très progressivement tant son âme que son corps brûlé.

Peu bavard, le scénario est énigmatique et vaguement inabouti à mon sens. Le récit mêle les personnages et les lignes temporelles au risque de quelques confusions parfois. Zidrou mise cette fois bien plus sur la suggestion, propre à susciter la réflexion du lecteur, que sur une intrigue policière rondement menée. Sa focale reste l’humain avant tout, balloté entre ses blessures et sa part de rêve.


Le dessin, spectaculaire et détaillé, laisse d’ailleurs la part belle aux passages oniriques, voire fantasmatiques. On navigue entre tableaux et photographies. Les cadrages, variés et judicieux, mettent en relief les visages, les émotions mais aussi certains gestes emprunts d’une grande humanité.

Lecture effectuée dans le cadre de  hébergée cette semaine chez Stephie

13 commentaires

  1. Oui, c’est toujours l’humain qui prime chez Zidrou, c’est justement ce que j’aime chez lui. Et il s’entoure toujours de dessinateurs talentueux 😉

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  2. Une BD de Zidrou ? Je ne peux faire autrement que de me laisser tenter malgré ces réserves. Et encore plus avec ce graphisme !

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  3. Tu n’as pas l’air très convaincue par cet album, donc je ne le mets pas dans mes priorités (dans un sens, ça m’arrange, j’ai tellement de bouquins en attente…!)

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  4. Pareil qu’Antigone, pas vraiment tentée ni par le graphisme ni par l’histoire… Je n’en suis qu’au tout début dans ma découverte de Zidrou donc on verra, peut-être plus tard… mais pour l’instant d’autres titres me tentent davantage de cet auteur.

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  5. Pourquoi pas ? c’est assez intrigant… Je me souviens l’avoir déjà vu passer chez un autre participant à la bd de la semaine…

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