discussion  » C’est aujourd’hui que je vous aime », François Morel et Pascal Rabaté, Les arènes BD, 2019


Quoi de mieux pour entamer ses vacances qu’une BD drôle, fraîche et tendre, un album au parfum d’adolescence signé François Morel et Pascal Rabaté ???

L’humoriste se souvient des années Pompidou-Giscard, cette heureuse décennie qui nous vit porter d’affreuxsous pulls acrylique aux couleurs improbables alors que Mike Brant se déhanchait sur les plateaux TV. Pourtant, loin d’évoquer les 4 L et les 404 Peugeot ou les tubes des Beatles, il se souvient surtout d’Isabelle Samain, de son intelligence indépassable, de sa beauté incomparable, de ses pieds gracieux…

Il vient de fêter ses 14 ans, Giscard savoure son élection, et le slogan « Faites l’amour, pas la guerre » étale toutes ses lettres de noblesse sur les murs de Caen. Mais voilà qui est manifestement bien plus facile à écrire qu’à faire !


Malgré le culte qu’il voue à sa jolie camarade – idolâtrie digne de Ronsard – et ses premières érections plus ou moins contrôlées, l’adolescent ne parvient pas à avouer ses sentiments.  Il décline alors tous les excès propres à cet âge, incapable de se concentrer en cours ni de tenir les paris un peu fous qu’il se lance. Il est assurément plus facile de blaguer ou de discuter amour et sexe avec son pote Hervé que de surmonter sa pleutrerie…Au pire, on peut aussi chercher à se consoler devant « Le Mépris » de Godard, parce que, ma foi, le corps de Bardot à l’époque a de quoi émouvoir…


Le scénario, qui mêle tendresse et autodérision, revisite avec légèreté les transports amoureux que nous avons tous connus un jour ainsi que le motif du fou d’amour. Le lecteur s’amuse certes du narrateur et de la valse de ses états d’âme, mais il se souvient aussi de ses amourettes tellement sérieuses alors, et de ses petits ridicules…Quelle est douce cette plongée au cœur de nos 15 ans !

Le dessin de Rabaté, ses petites originalités et ses couleurs, traduisent à la fois la fraîcheur des premières amours et leur propension à nous pousser dans nos retranchements les plus délirants.

Lecture effectuée dans le cadre de

  hébergée cette semaine chez Moka

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