discussion « Maudit Allende ! », Jorge Gonzales et Olivier Bras, Futuropolis, 2015


Cette semaine, je vous invite à un détour par le Chili, à travers le regard de Léo, le jeune narrateur, né dans une famille chilienne immigrée en Afrique à la fin de la première moitié du XX°. Il a grandi dans le culte d’Augusto Pinochet, un membre éloigné de sa famille. Devenu adulte, il décide de renouer avec ses racines profondes et d’enquêter sur cette période mouvementée du Chili qui mit aux prises Salvador Allende et le fameux général, alors que s’ouvre à Londres le procès du dictateur.

L’album s’ouvre sur une ambiance brumeuse et des dessins qui rappellent un peu Turner.

La tranquillité apparente de ce désert, dans la région de Tarapac, est perturbée par une voiture. Elle se rend de Valparaiso à Pisagua, une ville côtière qui connut son heure de gloire au début du XX° quand le salpêtre chilien était une ressource prisée. Il s’agit pour Allende de rendre visite à des détenus politiques.
Le scénario retrace alors les destinées parallèles de ces deux figures marquantes que sont Allende et Pinochet, depuis l’enfance. Augusto est adulé par sa mère, Salvador initié à la politique par le cordonnier italien De Marchi, un vieil anarchiste. Le premier est fasciné par Napoléon, le second assume l’héritage intellectuel de son grand-père Ramon. A l’ascension militaire de l’un, répond la dure lutte des présidentielles de l’autre, son « train de la victoire », les 11 jours de voyage et les 147 discours destinés à promouvoir le processus de transformation pacifique. S’il est bien évidemment question du temps de la trahison et du putsch de septembre 73, l’album porte aussi un regard très critique sur l’ingérence américaine et la forte opposition du président Nixon.

Je n’ai pas totalement adhéré au récit que j’ai trouvé vaguement fouillis, un peu inachevé aussi. En revanche j’ai adoré le graphisme, sa variété, le jeu sur les échelles de plans, le
traitement particulier de certaines planches, puisque l’on poursuit parfois la lecture sur la même ligne d’une page à l’autre.

Lecture effectuée dans le cadre de hébergée cette semaine chez Noukette, du blog La bibliothèque de Noukette

15 commentaires

  1. Vu la thématique il pourra bien finir dans mes mains malgré ton avis 😉 (comme quoi tu es douée pour donner envie !). Les planches sont superbes !

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