discussion Les Gueules Rouges, scénario JM Dupont, dessin Eddy Vaccaro, Glénat 2017


Alors qu’il est confronté aux horreurs de la Grande Guerre, Gervais Cottignies se souvient de son adolescence, et tout particulièrement de cette année 1905…

Originaire d’une famille populaire du Nord, il a grandi dans le coron d’Arenberg. Son père, tout comme le fut son grand-père, est mineur. Mais lui il rêve de devenir géographe, comme Elisée Reclus, son modèle. En attendant, il profite des joies de la classe où il boit toutes les paroles du maître. Aussi a-t-il une révélation lorsque monsieur Watremez évoque Buffalo Bill en cours d’histoire.
L’instituteur l’érige comme un modèle de courage à suivre et vante les qualités de « ces hommes capables d’apporter les bienfaits de la civilisation à des peuples arriérés ». Pensez-donc, il a tué son premier indien à 12 ans. Il n’en faut pas plus à Gervais pour rêver d’assister à une scène de western, à défaut de pouvoir de rendre en Amérique.

L’Amérique est hélas d’autant plus loin que son père refuse catégoriquement qu’il poursuive ses études, même si sa mention très bien au certificat d’étude lui permettrait d’être boursier. Le voilà donc condamné à devenir galibot et à descendre à la fosse, un univers qui l’angoisse.

Scénario et dessin prêtent ainsi vie au monde de la mine avec réalisme et dynamisme. On goûte les discussions en chti entre les mineurs, syndicalistes ou non, les algarades entre le curé et René l’anarchiste et on se plonge dans une ambiance de dur labeur, tandis qu’à Paris, Aristide Briand milite pour la séparation de l’Église et de l’État.

Si Gervais est ainsi contraint de murir plus vite qu’il ne devrait, il bave forcément d’envie devant l’affiche annonçant la venue à Valenciennes du cirque de Buffalo Bill. Parviendra-t-il à s’échapper du travail ? Comment paiera-t-il sa place ? Sans parler du train…Il l’ignore encore, il improvisera. Mais rien ne pourra l’empêcher de savourer l’exotisme des lassos, des bisons, du rodéo et des Indiens.

Le scénario mêle rondement documentaire et intrigue policière et cette rencontre entre Gueules Noires et Gueules Rouges est fort sympathique. Le Dessin d’Eddy Vaccaro, sait retranscrire toute une époque grâce à son sens des détails, les couleurs collent bien aux ambiances, mais j’ai surtout apprécié ses visages qui confèrent beaucoup d’humanité à l’album.

Lecture hébergée dans le cadre de hébergée cette semaine chez Stéphie du blog Mille et une frasques

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