discussion  » Les vieux fourneaux « , Christophe Duthuron, 2018


Au menu du jour, une comédie française adaptée de la BD franco-belge éponyme de Wlifrid Lupano et Paul Cauet.
Comédien, auteur et metteur en scène, Christophe Duthuron quitte ici le répertoire classique de ses premières années pour nous offrir un long métrage à l’ambiance quelque peu déjantée. Il n’est d’ailleurs pas non plus étranger au registre comique puisqu’il fut le coscénariste de la série  » Un gars, une fille « , ainsi que du film Brice 3, et qu’il a travaillé dans l’ombre aux côtés de Nicolas Canteloup ou Pierre Palmade.

C’est donc dans les décors sympathiques de Sébastien Birchler, que nous découvrons Pierrot (Pierre Richard), Antoine (Roland Giraud) et Emile (Eddy Mitchell), trois septuagénaires qui ont fait les 400 coups gamins dans un village du Tarn, avant de connaître des parcours de vie contrastés. Ils se trouvent de nouveau réunis en raison des obsèques de Lucette, l’épouse d’Antoine.
C’est l’occasion d’échanger des souvenirs et quelques verres de vieille poire, de se lancer des piques parce que les vieilles rancœurs perdurent. Les non-dits ou certains secrets peut-être inavouables demeurent aussi, au grand dam de Sophie (Alice Pol), la petite fille d’Antoine qui ressemble trait pour trait à sa grand-mère Lucette.
Le temps des retrouvailles se voit cependant vite bousculé par une lettre qui révèle l’adultère de la défunte avec Garan-Servier, un grand industriel du monde pharmaceutique. La profonde envie de Sophie de lever le voile sur le passé n’arrange d’ailleurs rien à l’affaire…

Ce film repose d’abord sur toute une ambiance à la fois fantaisiste et poétique, ainsi que sur des dialogues savoureux qui rappellent certains films d’Audiard. J’ai beaucoup aimé l’inventivité du cinéaste pour mêler le passé et le présent et signifier combien les jours anciens peuvent peser fortement sur l’existence des protagonistes.
C’est aussi une galerie de portraits, presque caricaturaux mais parfois touchants, entre le syndicaliste invétéré, l’amoureux étreint par les remords, le vieil activiste acharné ou la future mère célibataire qui a plaqué vie parisienne et carrière pour mener une existence plus vraie à la campagne.
A cela s’ajoute l’aventure du  » Loup en slip  » et cet univers presqu’onirique des marionnettes.
Évidemment, le film n’échappe pas à quelques excès dans son traitement comique, mais ce défaut est compensé par les moments de tendresse et de poésie.

A regarder au second degré !

Un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s