discussion « Le chant de l’aube qui s’éveille », Brigitte Masson, La Maison des Mécènes, 2012



S’inspirant de sa jeunesse et de ses idéaux qu’elle fond dans un fiction, Brigitte Masson nous livre un roman qui croise les époques puisque l’insertion des pages d’un blog lui permet d’apporter certains commentaires plus actuels sur le récit et de développer sa vision résolument optimiste de la démocratie mauricienne et du multiculturalisme.
A l’entame de la narration, Brigitte est encore dans ce temps de l’adolescence, même si son arrivée à Maurice dans un contexte socio-politique complexe, les « années de braise », la fait mûrir brutalement. C’est à l’aube de sa vie de jeune adulte qu’elle connaît à la fois un éveil amoureux, sensuel et la naissance de sa conscience politique.
Ce retour au pays, qu’elle ne connaissait pas, constitue un vrai choc. Ce « passage du monde léger de la vie parisienne à la découverte du tiers-monde et de sa misère » la bouleverse alors qu’elle comprend ce que le mot race peut signifier. Elle subit cette installation, alors que son père, artiste peintre, séducteur et alcoolique est appelé par le premier ministre mauricien comme conseiller artistique. Maurice est alors une jeune république où les injustices et les préjugés raciaux sont légion.
C’est pourtant sur la naissance du désir que s’ouvre le récit, un désir brulant et subversif malgré lui, puisque Brigitte, qui appartient à la caste blanche rêve ardemment du corps noir et musculeux de Diego, qui présente aussi l’inconvénient d’être marié. Elle l’a rencontré dans le cadre de cette grande grève qui paralyse Maurice et qui vaut à son père et à bien d’autres de connaître les casernes, à savoir la prison.
Brigitte Masson nous dit alors sa détermination, la solitude que lui valent ses engagements et ses partis-pris. Sans se départir d’un effort de compréhension et de tendresse, elle porte aussi un regard sans concession sur ce père difficile et sur la violence domestique.
Outre l’intérêt du témoignage sur cette période, j’ai aimé ce récit aux allures de tragédie moderne et j’ai savouré cette belle écriture, si touchante et si humble.

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