discussion « L’hermine », Christian Vincent, 2015


lhermine

Un rapide billet sur ce film salué à Venise puisqu’il s’est vu attribué le prix du meilleur scénario, tandis que Luchini raflait le prix d’interprétation.
J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Christian Vincent dont j’avais savouré, il y a 25 ans, « La discrète ». Ses dialogues sont toujours aussi écrits et élégants, sans verser pour autant dans l’affectation, sans doute parce qu’ils sont empreints d’un humour discret fort appréciable.
Michel Racine, interprété par un Luchini magistral, tout en nuances, est un homme austère et solitaire. Reclus dans un hôtel de Saint Omer, ce président de cour d’assise, s’apprête à mener les débats dans une affaire assez sordide puisque l’accusé est soupçonné d’avoir tué sa fillette de 7 mois à coups de rangers.
Tandis que les potentiels jurés se présentent, les habitués du palais multiplient les remarques désagréables sur leur président. Chacun y va de son commentaire. Racine, surnommé le « président à deux chiffres », parce qu’avec lui on en prend toujours au moins pour 10 ans, est décidément l’objet de bien des rumeurs et des médisances. Coincé dans la solennité de sa fonction et dans sa sévérité, il semble inébranlable, hermétique à toute humanité, tout sentiment. Son regard et son cœur vacillent pourtant lorsqu’il reconnaît dans les jurés Ditte Lorensen-Coteret, qu’il a aimée secrètement quelques années auparavant. L’amour peut tout !
Si le lien entre ces deux êtres est bien traité, l’intérêt du film réside aussi dans la vie du prétoire et les débats. Les discussions animées entre les jurés soulignent toute la difficulté de ce type de jugement. Les auditions se succèdent, les journées sont rythmées par les rites judiciaires, chacun cherche à y voir clair, entre doutes, fausses certitudes et preuves plus ou moins probantes…Comme le souligne si bien le président Racine, « La justice c’est du théâtre » et son « but n’est pas de faire éclater la vérité mais de rappeler les principes de la loi ».
J’ai apprécié le jeu de Sidse Babett Knudsen, que je découvrais, mais je voudrais saluer la prestation de Corinne Masiero (alias Marie-Jeanne Metzer), déjà remarquée dans « Discount ».

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