discussion Les coquelicots d’Irak, Brigitte Findakly et Lewis Trondheim, L’Association, 2016


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Après le Vietnam de Lolita Séchan et le Portugal de Gromont, je poursuis mon tour du monde BD avec ces « Coquelicots d’Irak », un album charmant certes, mais ne m’a pas totalement conquise.
Coloriste de BD, Brigitte Findakly, née d’un couple franco-iraquien, est originaire de Mossoul. Après sa participation au Chat du rabbin de Sfar, elle s’associe à Lewis Trondheim, son époux, pour nous offrir cette bande dessinée autobiographique.
Dans cet album au parfum d’une enfance passée en grande partie en Irak, elle évoque les moments doux comme des coquelicots, flamboyants parfois, les souvenirs du temps où elle escaladait les vieilles pierres et où elle cueillait ces fleurs sauvages à Nimrod ou à Hatra, des sites aujourd’hui détruits.

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Le récit prend parfois des allures de remontée dans le temps et la généalogie familiale, mais il est aussi l’occasion de porter un regard mi- naïf miacidé sur l’histoire de l’Irak et la difficile question de l’immigration. Il est émaillé d’anecdotes croustillantes, à l’image de période où la douane postale irakienne prenait le temps de découper dans les magazines étrangers les photos d’Enrico Massias, sous le prétexte fallacieux qu’il est juif. Non sans une touche d’humour, elle nous expose aussi certaines habitudes culturelles.
Fille d’une mère apatride au sein de sa propre famille, elle grandit entre deux cultures, deux pays, parle français à la maison et arabe à l’extérieur. Mais si son enfance a d’abord des allures d’Eldorado, si elle peut vivre en toute liberté loin des problèmes culturels ou religieux, la situation se dégrade au fil des coups d’Etat et de la progression du parti BAAS. L’avènement au pouvoir de Saddam Hussein complique en effet l’existence de cette famille chrétienne orthodoxe.
Le propos est intéressant, empreint d’humour et de tendresse, mais il m’a semblé particulièrement décousu. Brigitte Findakly fait en effet le choix de calquer le flux de sa pensée, de ses souvenirs, et nous les livre comme ils viennent. C’est un gage d’authenticité, certes, mais il me semble que le récit aurait gagné en puissance, avec une autre construction. J’ai regretté aussi le choix de la voix off, quasi permanente. Côté graphisme, j’ai apprécié le tissage régulier de dessins et de photographies de famille, moins le minimalisme des cases, fort petites au demeurant.

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Lecture effectuée dans le cadre de la-bd-de-la-semaine, hébergée cette semaine chez Noukette

26 commentaires

  1. Au départ, je n’étais pas tentée par le graphisme et puis, finalement, j’ai bien aimé. Je n’ai pas du tout eu cette impression de décousu.

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  2. Album repéré chez Saxaoul lors d’un précédent RDV BD, je l’ai réservé en bibliothèque et il doit arriver bientôt… Bien envie de me faire mon avis sur cette histoire originale !

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