discussion « Iroquois », Patrick Prugne,Daniel Maghen Edit°, 2016


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Cette semaine je vous propose un détour historique au Canada. En Juillet 1609 ; lorsque s’ouvre le récit, Québec n’est guère qu’un nom à peine griffonnée sur la carte d’une Amérique encore bien hasardeuse. Une quarantaine d’individus occupent une grande bâtisse construite sur les rives sauvages du Saint-Laurent et s’apprêtent à affronter ce premier hiver loin de la France d’Henri IV qui ne se soucie guère de cette colonie en devenir. Ces Français, parmi lesquels se trouve Samuel de Champlain, géographe et lieutenant du vice-roi de Nouvelle-France,  cherchent en effet à s’implanter sur des terres jusque là occupées par des peuples amérindiens  (Hurons, Algonquins…).

Les relations entre ces immigrés parfois en rupture de ban, sont loin d’être aisées, surtout lorsqu’il s’agit de se partager le butin et les marchés commerciaux. Ils doivent pourtant se montrer parfois soudés, lorsqu’il s’agit de s’imposer aux nations iroquoises des pays d’en haut. Forts d’un accord passé avec les Hurons Champlain et ses hommes doivent mettre un terme aux attaques sanguinaires des Agniers. Mais il faut bien avouer que Le Basque, particulièrement frondeur et belliqueux, n’arrange pas la situation.

Parallèlement les Iroquois d’Onontagué sont en émoi depuis l’enlèvement de la jeune Petite Loutre par les Français. Jeune Daim, son frère, promet de tout faire pour la ramener.

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Le véritable intérêt de cet album, dont le scénario ne m’a pas conquise outre mesure, réside dans son approche du colonialisme naissant et de l’altérité. Les divergences de points de vue des protagonistes sur le respect dû aux autochtones témoignent des débats de l’époque, qui peuvent sembler encore d’actualité, hélas. Ce choc des cultures, l’affrontement des certitudes et des croyances confèrent une certaine épaisseur à un récit qui brille moins dans la narration des épisodes.

Le graphisme à la hauteur des grands espaces vierges, ravit davantage son lecteur. Prugne a le sens du détail, des paysages et du mouvement. J’ai particulièrement apprécié les esquisses et études offertes en fin l’album.  J’ai cependant regretté l’abondance des couleurs pastels assez surprenantes dans le contexte. Une lecture en demi-teinte donc…

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Lecture effectuée dans le cadre de  la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Moka, du blog Au milieu des livres

 

 

 

 

 

 

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