discussion « Le vieil homme et la mer », Thierry Murat, Futuropolis, 2014


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S’il est un roman que je n’ai jamais pu finir c’est bien « Le vieil homme et la mer » (pardon Monsieur Hemingway). Le monde de la pêche n’est pas mon univers, les histoires de lutte entre l’homme et l’animal non plus. J’avais cependant repéré cette adaptation de Murat paru en 2014 chez Futuropolis sur plusieurs blogs.

La narration s’ouvre sur les ocres des rues cubaines. C’est à la Havane que nous découvrons l’histoire de Santiago El Campéon, celui que tous considèrent désormais comme un « salao » parce que la chance semble l’avoir abandonné.
Le graphisme précis nous immerge dans cette atmosphère tropicale, entre architecture d’inspiration hispanique, graffitis et vieilles voitures américaines. Le scénario, quant à lu, opte pour le récit encadré et laisse un jeune garçon nous conter les déboires de son vieil ami pêcheur. Même si ses parents ont préféré lui trouver un autre embarquement plus juteux, il reste très lié à Santiago qui lui a tout appris alors qu’il avait à peine cinq ans. Il voit en ce vieil homme maigre et sec, un grand-père patient et aimant. Les couleurs chaudes sont à la mesure de leur attachement et du bonheur qu’ils ont à converser ou à partager un repas.

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Sa tristesse est grande de ne plus l’accompagner en mer et de le voir ainsi moqué par tous.
Il plaint aussi son dénuement, cette vie frustre dans une cabane simple, ce manque d’argent, cette solitude.
Mais le vieux ne désespère pas lui. Il a toujours « le regard qui brille comme un soleil rasant sur la crête des vagues ». Avec sérénité, il songe aux rives d’Afrique la nuit, et rêve d’une bonne prise le jour. Il est loin cependant d’imaginer un duel avec un espadon plus gros que son embarcation…
Murat joue avec les couleurs pour nous peindre cette existence en clair-obscur. Le bleu-nuit gagne progressivement le récit et en souligne la dimension tragique. Son choix de développer chaque planche en deux ou trois cases seulement, associé à des dialogues particulièrement économes, vont dans le même sens et laissent la place aux émotions silencieuses. Ils renchérissent aussi la profondeur de cette leçon de courage et de ténacité.
C’est pourtant la sobriété qui frappe dans cet album, ainsi que son incroyable générosité. J’ai pris un vif plaisir à cette lecture, hors de ma zone de confort.

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Lecture effectuée dans le cadre de la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Moka, du blog Au milieu des livres

17 commentaires

  1. Je suis certaine que je vais littéralement plonger dans l’ambiance de ce livre. Il est sur ma PAL celui-là (comme beaucoup d’autres) mais j’y viendrai. Et puis ce trait de Murant, je l’avais tant apprécié sur de précédentes lectures. Il parvient à chaque fois à installer une ambiance et à la travailler. Cet auteur réalise de très beaux albums

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  2. Alors, curieusement, moi qui ai lu le roman un peu par « obligation culturelle » j’avais beaucoup aimé ce roman et en voyant les planches de cette album et la patte de Murat que j’avais déjà beaucoup aimé dans « Les larmes de l’assassin » je suis vraiment très très tentée!

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