discussion « Les petites reines » Clémentine Beauvois, Sarbacane, 2015


 

Le Collège-lycée Marie Darrieussecq de Bourg en Bresse est en émoi, 18 filles sont encore en lice pour le concours du boudin d’or. Leurs photos sont exposées sur Facebook, chacun y va de son commentaire et la concurrence est rude.

Presque résignée, Mireille Laplanche, une ado de 15 ans « dotée d’une capacité de détachement surhumaine », attend le verdict. La voilà détrônée par une certaine Astrid  Blomwall, elle devra se contenter du boudin de bronze tandis. La jeune Hakima se hisse quant à elle à la seconde place.

Comme chaque année, Malo savoure l’instant et voit dans ce concours son heure de gloire imbécile. Avilir, provoquer, moquer, jouer avec les complexes et les difficultés des autres sont devenus sa spécialité.

Chacune aurait pu se terrer dans sa solitude et sa douleur, chercher à se fondre dans le paysage, disparaître aux yeux des autres, mais réunies, elles font preuve d’une audace extrême et n’hésitent pas à puiser dans leurs faiblesses les moyens de la lutte. Accompagnées de Kader alias le Soleil, elles décident de rallier Bourg en Bresse à Paris en vélo. En chemin, elles vivront des aventures finalement médiatiques et vendront… des boudins.

Ce roman est l’occasion de portraits intéressants, même s’ils ne sont pas toujours très crédibles. Chacun des protagonistes a ses raisons propres d’effectuer ce périple et l’association de ces motivations donne un cocktail très frais. Au delà, Clémentine Beauvais aborde évidemment des questions de fond plus graves comme le harcèlement, l’image de soi ou les réseaux sociaux. L’histoire accroche, on s’attache aux personnages, le rythme est vif, mais j’ai été gênée par une forme d’incohérence dans le choix du langage qui rend quelquefois le personnage de Mireille peu crédible. Elle fait certes preuve d’une maturité et d’une intelligence surprenantes tout en appartenant encore au monde de l’enfance, mais l’auteure oscille entre les registres, les niveaux de langue, les remarques adultes et les traits d’adolescence d’une façon qui empêche un peu d’y croire.

Le roman s’impose cependant comme une belle leçon de vie et de courage, une invitation à se dépasser aussi.

 

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