« Petite voleuse », Michael Cho, Edit° Delcourt, 2014


 

J’ai découvert aujourd’hui un bédéiste que je ne connaissais, Michael Cho, un Coréen installé au Canada, dont l’univers particulier mérite le détour. Le graphisme emprunte quelque peu au manga sans se confondre totalement avec le genre, et de décline en noir, blanc et orange. Le trait est résolument moderne, sans se départir d’un certain humanisme qui colle bien au sujet.
L’album s’ouvre sur une problématique marketing : comment assurer la promotion du parfum « Fly » auprès des 10-12 ans, faut-il opter pour un print à la TV ou passer sur twitter ? Voilà une question qui laisse Corrina Prax bien songeuse…Etudiante en littérature, elle rêve d’écrire et a l’impression de se perdre dans cette agence de pub new-yorkaise. Difficile de se satisfaire de slogans !
Elle a du mal à se fondre dans cet univers, peine à accompagner ses collègues dans leurs virées mojitos ou les boites de strip-tease.
Rien ne va vraiment dans son existence, mais elle continue de faire comme si, peut-être parce qui lui manque l’élément déclencheur qui lui permettra d’en prendre conscience. Ses difficultés de sociabilité la contraignent à une solitude qu’elle partage avec Anaïs, une chatte qu’elle a recueillie, et sa télévision. Elle traverse sa vie comme un pantin, sans que rien vraiment ne se passe jamais. Les seuls événements marquants se résument à un café renversé ou une bourde du genre. Elle pratique ainsi le vol à temps partiel dans les magasins, essentiellement les magazines, juste pour se sentir vivante…

« Parfois, j’ai l’impression de ne vivre ces moments qu’au travers d’une sorte d’écran »

Michael Cho nous offre ainsi un récit urbain assez original, rythmé par quelques vues muettes en double page traduisant les différentes étapes des journées sans éclat de Corrina.
Il porte un regard incisif sur le monde du marketing et les publicistes, « ces rêveurs du capitalisme » et sur la superficialité des relations humaines dans nos sociétés modernes.

« nous parlons aux autres mais pas aux autres » «  comme si la publicité nous était devenue si familière que nous en faisions pour nous –mêmes »

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