« Un sac de billes », Vincent Bailly et Kris, 2ème partie, Futuropolis, 2012


 

Le second opus s’ouvre à Menton, alors « petite ville au charme désuet », occupée par quelques troupes italiennes. Maurice et Joseph y ont retrouvé les deux grands-frères qui ont su jusque là tirer leur épingle du jeu. Leurs emplois dans un salon de coiffure leur permettent de louer un logement décent donnant directement sur la mer. De quoi contenter nos deux jeunes parisiens. Entre les repas améliorés, les parties de foot sur la plage et la découverte des ruelles en toute liberté ils en oublieraient presque la guerre. Pourtant cette vision idyllique cède rapidement place à d’autres angoisses et à des aventures plus périlleuses. Ils passent leur temps à fuir une guerre qui cherche à les rattraper.
Cet album est celui de la traque, des stratagèmes pour échapper au pire. La tension dramatique domine un scénario qui connaît ça et là quelques éclaircies, notamment parce que les deux protagonistes tirent toujours le positif des situations, à la manière des gosses qui conservent une foi inébranlable dans la vie.

« Il y aura toujours quelqu’un pour nous aider. »

Leur débrouillardise, leur sens du bluff et leur expertise dans les coups de poker sont autant d’intermèdes drôlissimes dans ce contexte tragique. Au fil de leurs pérégrinations, ils déploient un sens des affaires hors du commun à cet âge et se prennent même parfois à rêver.

« Si la guerre continue encore un peu on achète le Negresco »

Mais au-delà de cet humour persistant et de ce mouvement perpétuel qui leur est imposé, cet album est aussi celui d’une certaine gravité. Nos deux zouaves s’endurcissement et murissent sans doute trop vite.

« Les nazis ne m’ont pas encore pris la vie, mais ils me volent mon enfance ».

Le scénario de Kris, toujours captivant, est moins bavard que dans le premier tome. Les images parlent parfois d’elles-mêmes, tandis que certains épisodes ont de quoi laisser muets les protagonistes. Ce choix accroit la tension qui traverse le récit et qui est parfaitement bien soutenue par le jeu des couleurs, chaudes ou froides selon le poids de la menace ennemie. Quant au graphisme, il se distingue par son sens du détail et son dynamisme.

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Lecture effectuée dans le cadre de la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Stéphie

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