« Les Passagers du vent », T3 Le comptoir de Juda, Bourgeon, Casterman, 1994


Et c’est parti pour le troisième opus des Passagers du vent, une série décidément addictive, intelligente et palpitante.

 

La France se présentant davantage comme une terre à risques qu’un havre de paix pour nos quatre jeunes gens, (Isa, Hoel Mary et John, ainsi que la minuscule Enora), décision est prise d’embarquer sur la Marie-Caroline pour gagner les colonies. Partagés entre le bonheur de se retrouver, quelques petites anicroches et la nécessité de fuir, ils n’ont pas envisagé une seule seconde qu’à une telle époque, le voyage se déroulerait vraisemblablement sur un bateau négrier.
Ils lèvent l’ancre le 8 avril aux côtés du capitaine Boisboeuf et découvrent alors le pot aux roses. Le voyage risque de traîner en longueur, les escales de se multiplier, les dangers aussi. Chacun tente de conjuguer avec la situation, mais la belle Isa ne décolère pas :
« Du tabac contre des vies humaines…Quelle dérision… ».
Le jour, elle note ses observations et ses remarques dans son journal en vue de renseigner de Saint-Quentin, un certain Brissot et le clan des abolitionnistes. Elle en débat aussi avec dans des échanges houleux avec les officiers au risque de paraître suspecte. La nuit, elle tente de persuader Hoel de sa cause lors de conversations sur l’oreiller.
« Si tu acceptes de partager mes nuits, tu dois aussi accepter de partager mes rêves. »
Le navire jette l’ancre et la fine équipe gagne Juda, puis le fort San Joao de Ajuda dirigé par Olivier de Montaguère.
Si les jeunes femmes sont heureuses de déguster ananas, papayes et autres fruits exotiques, elles font sensation dans cet univers essentiellement masculin et sont l’objet de bien des paris et défis. Juda risque bien de mériter son surnom d’antichambre de l’enfer…
Le scénario, toujours aussi haletant, apporte un éclairage intéressant sur la vie de ces comptoirs et leur population. Les péripéties s’enchainent, les caractères s’affirment et les mystères propres au lieu et aux cultures africaines apportent une autre densité au récit. Les dialogues sont un enchantement. Le graphisme, toujours assez classique, nous réserve aussi quelques belles surprises.

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