« Les passagers du vent » 1 La fille sous la Dunette, Bourgeon


 

Aujourd’hui je sors un peu de ma zone de confort et je me lance dans la saga BD de François Bourgeon, Les Passagers du Vent. Il serait temps me direz-vous ! Certes, mais je n’ai jamais été très portée sur les récits d’aventures. Enfant, ils me fichaient la trouille ou m’ennuyaient. Il se pourrait bien que cela change.
Situé au XVIII°, le premier opus, « La fille sous la dunette » nous invite à prendre place sur Le Foudroyant, un navire français aux allures de colosse de la mer. La vie à bord et les règles y sont dures, les relations humaines âpres. La vie a parfois bien peu de prix dans cet univers essentiellement masculin. Mener 800 hommes confinés dans cet espace flottant est une gageure pour le Capitaine Benoit de Roselande, d’autant qu’il ne présente pas toutes les qualités requises. Pour poursuivre son petit bonhomme de chemin paisible, chacun doit rester à sa place et ne pas trop chercher à savoir ce que fait l’autre.
Hoel Tragan, gabier, aurait peut-être dû méditer ce conseil. Poussé par la curiosité, il s’autorise à se rendre en zone interdite à l’équipage histoire de vérifier qu’il n’a eu la berlue. Il lui semble bien qu’il y a, fait extraordinaire, deux jeunes femmes à bord. Il découvre ainsi la présence d’Agnès et surtout de la belle Isabeau, une jeune femme sublime, délurée, effrontée à souhait. Le charme opère aussitôt. Isa craque pour les Bretons aux yeux bleus même si ses habits ne sont pas assortis à leurs hardes. Hoel admire son tempérament et surtout ses grâces. Le voilà embarqué dans un pacte qui va sceller son destin et le contraindre à vivre de folles péripéties. Isa est décidément insaisissable et animée d’une soif de vengeance hors norme depuis qu’un simple jeu, un échange d’identité avec Agnès alors qu’elles n’étaient que des enfants, l’a volée à elle-même avant de la conduire à se reconstruire.
Ce premier album, au scénario particulièrement foisonnant, peut se lire comme un acte d’exposition. Le lecteur apprend à connaître progressivement ces passagers, il reconstitue leur passé bribe par bribe et comprend leurs motivations. Il faut pour cela qu’il accepte de se laisser ballotter au fil des pages comme sur des flots, au risque d’avoir l’impression de se perdre un peu d’abord. Les péripéties s’enchainent en outre à un rythme effréné qui lui laisse peu de répit.
Le graphisme est assez classique à mon sens, et rend un bel hommage à la féminité. Bourgeon sublime son héroïne ! Il a aussi un sacré sens du mouvement et nous propose des marines séduisantes. Je suis moins fan peut-être de certaines couleurs.
Voilà donc une série à suivre…

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