« Mon Roi » de Maiwenn, 2015: époustouflant!


 

Ce n’est un secret pour personne, j’aime les films de femmes, le regard sensible que ces réalisatrices posent sur le monde, les rapports humains et leurs complexités. Je pourrais citer Anna Makhmalbaf, Agnès Varda, Noémie Lvovski, Mia Hansen-Love ou encore Maïwenn qui m’a séduite avec « Le bal des actrices », impressionnée avec « Polisse » et totalement bluffée ce soir avec son dernier long métrage, « Moi Roi ».
Elle nous conte l’histoire de Tony, une avocate prometteuse, mais aussi une femme sous influence, qui tente de se remettre d’un accident de ski dans un centre de rééducation. Elle est accueillie par une psy qui s’échine à lui demander ce qui s’est passé ce jour là et à lui expliquer que les blessures du corps cachent et disent aussi celles de l’âme autrement plus pernicieuses et difficiles à combattre. La narration se construit alors autour des progrès du corps, des réparations fonctionnelles et de la reconstruction du passé. Tony se remémore ainsi son existence avec Georgio Milevski.
A travers ce couple, Maïwenn filme l’amour, cet amour fou qui mêle l’humour aux grands sentiments et aux élans, aussi intense que destructeur, cette passion qui peut nous conduire à quitter parce qu’on aime, parce qu’il faut parfois savoir raison garder.

« Faut-il tout gicler? »

Ces deux là s’aiment, même longtemps après, il suffit pour s’en convaincre de suivre la caméra subjective qui s’attarde sur les nuques, les courbures, les mains avec beaucoup de sensualité. Ils épuisent même toute la gamme des sentiments entre Instants magiques et hystérie, sans que jamais le film ne sombre dans le pathos.
Maïwenn, qui cosigne le scénario avec Etienne Comar, questionne en profondeur l’attachement, au sens quasi étymologique du terme, et la maltraitance psychologique qui peut l’accompagner. Sans céder à la moindre concession, elle saisit toute la palette des sentiments et des états avec un incroyable naturel, une authenticité efficace.
Ajoutons à cela qu’elle maîtrise aussi l’art du casting et qu’elle obtient de ses acteurs un jeu généreux et « sincère ». Emmanuelle Bercot est parfaite dans son rôle, notamment lorsque son personnage, borderline, semble sombrer. Quant à Vincent Cassel, il est tout simplement magistral, il nous offre à mon sens sa plus belle interprétation. Et pourtant, je l’ai plus qu’aimé dans « Un moment d’égarement ».

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