« Rose de Paris », Gilles Schlesser et Eric Puech, Parigramme, 2015


Cet album signé de Gilles Schlesser pour le scénario et d’Eric Puech pour le dessin avait tout pour me plaire. Le Paris des années folles en toile de fond, une histoire de fille, des amours et, cerise sur le gâteau, une petite intrigue policière.

La narration s’ouvre en 1925 sur une rue parisienne. Tout droit sortie de sa Bretagne natale, Rose débarque dans la Capitale om elle doit occuper un poste au central téléphonique Gutenberg, Rue du Louvre.

Parallèlement, Quai des Orfèvres, Victor peine à se sortir des griffes d’un inspecteur de police qui monnaie sa liberté contre un match de boxe dans la salle de Sarazin, alias Monsieur Paul.  La situation se complique lorsqu’il comprend qu’il s’agira surtout de l’espionner pour le compte des autorités.

Rose s’installe en colocation avec sa collègue Sidonie, une jolie brune qui connaît déjà presque le Tout Paris et qui n’a pas froid aux yeux. L’exiguïté de leur logement ne les gêne guère dans la mesure où elle passe le plus clair de leurs loisirs à la terrasse des cafés ou au Bal Nègre de la rue Blomet.

Aux côtés de Sidonie, la jeune Quimpéroise s’initie donc aux us et coutumes de cette vie nouvelle. Elle découvre tout à la fois le syndicalisme et la lutte des femmes pour la parité salariale, l’amour et les hommes, le jazz, le monde des artistes et la bohême qui les entoure.

« Elle est charmante cette jolie Rose, elle a encore tous ses pétales »

C’est l’occasion pour nos auteurs de prêter vie à Hemingway, Fitzgerald, Desnos, Tzara, Foujita, Soutine. J’ai beaucoup aimé cette transcription de l’ambiance de l’époque dans ses aspects les plus divers : la percée d’Action Française, les difficultés des veuves de guerre, les Apaches et les Amerloques. Tant le scénario que le dessin s’attachent aux détails qui apportent beaucoup de vivacité à cette reconstitution. Le plaisir de la lecture réside en grande part dans ces dialogues vifs qui mêlent gouaille parisienne et accents divers.

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Les destins se croisent et se décroisent tout comme les fils de trame de  l’intrigue. Le noir et blanc colle bien à l’intrigue et apporte beaucoup de relief aux personnages. Le graphisme est parfois un peu touffu, à l’image du scénario, correspond bien au « tourbillon » de l’époque. Quant à l’effet crayon noir il me rappelle un peu les artistes de Montmartre.

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Voilà donc une BD fraîche, rythmée, drôle, et jouissive !

 

Lecture effectuée dans le cadre de la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Yaneck

 

 

 

 

 

 

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16 commentaires

  1. Les sujets traités me plaisent bien. C’est vrai que le dessin est un peu étouffant, sur les planches que tu montres, mais si je tombe sur cet album en bibliothèque, je pourrai me laisser tenter.

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