discussion « Journal d’Anne Frank », Antoine Ozanam et Nadji, Edit° Soleil, 2016


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Antoine Ozanam s’est employé à l’adaptation BD du Journal d’Anne Frank publié en 1947 qui retrace son existence du 14 juin 1942 au 1er août 1944.

C’est le jour de ses 13 ans qu’Anne reçoit ce cahier qu’elle est heureuse de montrer à son amie Hanneli et qui va devenir son confident. Elle est alors encore libre de déambuler dans les rues, d’envisager une sortie cinéma ou d’imaginer qui elle épousera.

Ecrire est d’autant plus un plaisir que personne ne voudrait le lire. Elle évoque à loisir sa famille, sa vie au lycée juif, son quotidien en Hollande, pays où il faisait bon vivre loin des lois anti-juives d’Hitler qui sévissent en Allemagne et dans les pogroms.

Hélas, l’étau du nazisme se resserre, il a fallu rendre les vélos, porter l’étoile jaune, ne plus prendre ni le tram ni le bus, fuir les piscines et les courts de tennis. Les arrestations se multiplient et la famille décide d’opter pour la clandestinité.

Réfugiés dans l’Annexe, à l’étage des anciens bureaux d’Otto, la famille Frank apprend à cohabiter avec les Van Daan.

Anne raconte alors sa vie rythmée par le son des cloches voisines, les rumeurs, les bruits de la guerre et le nécessaire silence qu’il faut respecter.  Elle dit aussi les difficultés de la promiscuité, les querelles, les affres de la réclusion. Elle comprend aussi l’horreur aperçue à travers les fenêtres qui ne sont pas plus étanches que les murs. Angoisses alternent avec espoirs, mais l’ennui guette aussi et plombe cette attente interminable.

« Je souffre de nous voir perdre nos anciennes manières de vivre ».

On a beau connaître l’histoire, cette fin brutale, terrible, le traitement et les choix, les coupes, qu’impose le scénario de BD, et la forte intensité dramatique qui en découle, nous prend aux tripes. Antoine Ozanam souhaitait une approche respectueuse lui permettant quand même de capter et de retranscrire l’émotion du texte. Il y parvient superbement en nous servant un scénario convaincant mêlant histoire, terreur quotidienne et insouciance de l’adolescence.

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Le dessin de Nadji, assez particulier, tant dans le trait que dans le choix des couleurs, confère une touche de modernité à l’album et tend à signifier l’intemporalité de certaines thématiques. Il sort aussi régulièrement du cadre qu’Anne est prisonnière des lieux mais cherche à s’évader par le biais des mots. Son minimalisme semble aussi à la mesure de ses existences réduites à l’essentiel.

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Lecture effectuée dans le cadre de la la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez  Stéphie du blog Mille et une frasques

19 commentaires

    • Totalement Noukette! On retrouve l’esprit du livre mais la version BD est plus dynamique. Le récit gagne encore en intensité. Un album à avoir dans un CDI.

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