discussion « Portraits from the immigration », Christian Le Comte, 2015 (Xiang Jian Creatuve LTD)


Cela faisait un petit moment que cet album me faisait de l’œil, hier la tentation fut trop grande.

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Avant d’évoquer l’ouvrage en lui-même rappelons qu’environ 450000 Indiens, tous « engagés », ont gagné l’île Maurice entre 1830 et 1930 et ont amplement participé à son peuplement. Cette nouvelle vague migratoire intervenait avec la fin de l’esclavage. Il s’agissait pour les uns de s’offrir une main d’œuvre qui restait bon marché, pour les autres de gagner une misère moins rude que celle qu’ils avaient connue dans les diverses régions de l’Inde jusqu’alors.

Christian Le Comte retrace en images un condensé de ce pan de l’histoire mauricienne. Pour ce faire il a sélectionné une galerie de portraits dans les archives du Mahatma Gandhi Institute. Les clichés ainsi rassemblés sont tous signés d’Abraham Sinapa qui officia comme photographe au dépôt de l’immigration (aujourd’hui Aapravasi Ghat) de Port-Louis. Une ordonnance du 31 octobre 1867 stipulait que tout immigrant qui avait passé 5 ans dans son premier lieu d’engagement et qui s’était acquitté d’une redevance annuelle devait obtenir son « old immigrant’s ticket » pour solliciter un second contrat s’il souhaitait rester.

Ces portraits sont donc à la base l’équivalent de la photo d’identité que nous arborons sur nos passeports.

Un simple coup d’œil aux premières pages suffit toutefois à prendre toute la mesure du travail de Sinapa qui dépasse amplement sa mission administrative. L’expression ART du PORTRAIT prend véritablement tout son sens, surtout dans ce contexte là et avec le matériel que l’on imagine mis à sa disposition par les autorités. On perçoit aisément qu’il se place dans une quête esthétique toute autre, cherchant à saisir les regards et au fond d’eux les émotions profondes des êtres. Les poses, le travail sur les grains, les détails des bijoux et des vêtements, saris kurtas et autres voiles, font de ces clichés des petits bijoux empreints d’une incroyable humanité.

Après une rapide introduction qui présente Sinapa et le contexte, Christian Le Comte s’efface derrière la beauté. Chaque portait s’impose en pleine page, simplement complété par une légende renseignant sur le sujet. La lecture nous embarque dans un autre temps et chacun de ses hommes ou enfants, chacune de ces femmes, capte votre regard et vous raconte son histoire.

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