discussion « Zai Zai Zai » de Fabcaro, 2015, Edit° 6 pieds sous terre


Quoi de neuf au rayon BD cette semaine ? Un gros coup de cœur pour Zaï Zaï Zaï, de Fabcaro, un road movie, ou plus exactement le récit d’une folle cavale, publié en 2015 aux éditions 6 pieds sous Terre (déjà tout un programme !!!)

Fabcaro

Je commencerai pas le bémol, le dessin dont je ne suis pas fan. Je trouve le choix de ces trois couleurs un peu fade et le trait quelquefois minimaliste. Les personnages m’ont laissée un peu sur ma faim. Pour être honnête, je dois avouer que cela ne m’incitait pas à la lecture.

Fabcaro1

Mais dès les premières pages j’ai compris que ces curiosités du graphisme collaient à la perfection à l’univers on ne peut plus décalé de l’auteur qui se met en scène dans une mise en abyme vertigineuse et drôlissime.

L’album s’ouvre sur une caisse de supermarché quelque part en France civilisée, ou presque. Il se trouve que Fab a oublié sa carte de fidélité dans son pantalon sale. Les ennuis commencent alors puisqu’il se voit contraint de suivre un vigile à l’esprit étroit. Armé d’un poireau, il parvient à s’enfuir. L’alerte est aussitôt donnée aux autorités, on recherche un homme « petit, les cheveux gras, la quarantaine », vêtu d’un jean et d’un gilet à capuche. Dans cet intervalle, Roselyne, la caissière, reçoit un soutien psychologique pour se remettre de ce traumatisme. Le poireau, lui, est envoyé à la police scientifique pour des prélèvements et des analyses ADN. Le ministre de l’intérieur s’emploie de son côté à rassurer la population, tout sera mis en œuvre pour le retrouver. La France en émoi se divise alors autour de cette affaire qui constitue un vrai cas d’école.

Le ton est donné, le lecteur comprend vite qu’il se trouve embarqué dans une histoire totalement loufoque mêlant fort brillamment la critique sociale à l’humour le plus surprenant. L’inventivité de Fabcaro, qui revisite toutes les modalités de l’absurde,  ne connaît pas de limites. Kafka n’est pas loin. Les épisodes et autres anecdotes truculentes s’enchainent à un rythme effréné et si le scénario n’est pas trop bavard, certaines répliques valent leur pesant d’or.

« La vie est une chienne borgne sous un ciel d’octobre. »

« Les auteurs de BD sont des êtres humains au même titre que les clochards arméniens. »

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Je ne saurais trop vous inviter à vous laisser tenter par cette lecture parfaitement jouissive qui s’est vu couronner par le Grand  Prix de la critique ACBD 2016 !

Lecture effectuée dans le cadre de la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Stéphie du blog Mille et une frasques

20 commentaires

  1. Hum, pas sûr que ce soit pour moi. Les « seulement trois couleurs » ne m’attirent pas et la loufoquerie non plus. Mais comme je suis curieuse, je ne dis pas que je ne tenterai pas si je mets la main dessus.

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