discussion « Les beaux étés, T1 Cap au sud », Zidrou et Jordi Lafebre, Dargaud, 2015


 

les-beaux-etes-tome-1-les-beaux-etesAmateurs de super héros et d’aventures extraordinaires qui vous plongent dans les arcanes de mondes inexplorés, cet album n’est pas forcément pour vous. Zidrou fait au contraire le choix de ces héros ordinaires, des gens comme vous et moi qui tentent de mener leur barque contre vents et marées. Cela fait du bien de temps en temps!

Adeptes du camping sauvage, Mado et Pierre PIF, finissement d’installer le campement quelque part en Ardèche et se souviennent…

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1973, cette année là Sardou fait un tabac et « La maladie d’amour » est n° 1 sur les ondes, cruelle ironie du sort pour un couple qui s’apprête à se dénouer. Mais c’est aussi le temps des vacances en Ardèche, le temps que l’on a voulu malgré tout préserver pour les enfants ,  « un mois entier sans toucher un crayon » ni s’épuiser dans la cuisine. Voilà Trois jours que le départ est différé. La famille s’impatiente tandis que Pierre, qui ne fait plus rire Mado, apporte la touche finale aux planches de sa dernière BD, « Papa-Clown ».

La petite famille se réjouit lorsqu’on charge enfin la 4 L et que les 4 gosses s’entassent à l’arrière. Louis ne quitte pas Lucky Luke, Paulette teint fermement la boussole « perds la nord » tandis que Julie et Nicole se cherchent des noises. Adieu la Belgique et cap au sud puisque tout le monde rêve de soleil! Le lecteur se replonge alors dans son enfance et les longues transhumances estivales, les chants, les histoires pour passer le temps, les disputes, les petits creux permanents à peine partis, les arrêts-pipi, les espaces boutiques des stations service, les pique-nique. Les enfants sont en fête, les parents assurent tant bien que mal la comédie. Nostalgique de leurs éclaircies d’antan, Mado songe à son ras le bol, à son renoncement à ses rêves, à son ennui chez Shoe-Shoe, à la platitude de son existence. Pierre souffre mais s’efforce de ne pas trop penser. Cet été là sera-t-il le dernier? La maladie d’amour aura-t-elle raison d’eux?

Le récit oscille entre gravité et humour. Le rythme est alerte, notamment parce que la présence des 4 enfants, qui ne s’arrêtent jamais, ménagent des temps forts et vivifient le scénario. Ils apportent une fraîcheur incontestable à l’album et permettent aussi la survivance d’une certaine tendresse. La peinture des personnages, fort convaincante, les rend attachants. Zidrou trouve à mon sens un excellent équilibre entre les préoccupations des enfants, leurs jeux, leurs blagues et les difficultés des parents.

Le dessin de Jordi Lafebre, sans être foncièrement original, est un vrai bol d’air! Le travail sur l’expressivité des visages et le sens de certains détails participent au jeu des émotions. Les décors champêtres, très réussis, restituent bien ces ambiances estivales. J’ai moins apprécié le choix de certaines couleurs bleutées ou violettes dans certaines planches.

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Lecture effectuée dans le cadre de la la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Jacques du blog Chroniques de l’invisible.

18 commentaires

  1. Je dois reconnaître que cet album ne m’a pas transporté. J’en perçois bien les qualités mais il ne m’a pas touché. Je n’ai pas su quoi écrire sur ce livre. Il est bien, mais…

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