discussion « The Danish Girl », Tom Hooper, 2016


 

Après la belle réussite du Discours d’un roi, Tom Hooper nous livre ici un magnifique biopic consacré à Lili Elbe, sur un scénario de Lucinda Coxon inspiré de l’œuvre de David Ebersholf. Il s’agit de retracer le parcours d’Einer Wegener, le premier homme à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930.

Le film, particulièrement esthétique, s’ouvre à Copenhague. Artistes peintres tous les deux, Gerda et Einar se sont rencontrés sur les marches des Beaux Arts et filent le parfait amour. Einar vend bien ses toiles, tandis que Gerda cherche encore sa signature, celle qui lui permettra de faire la différence, de se distinguer dans ce monde de l’art entre académisme et modernité.

Un jour où son modèle est en retard, elle demande à son époux de bien vouloir poser pour elle. Le contact des bas, les caresses du tissu plongent Einar dans une étrange perplexité avant de le révéler à lui même. Comme fasciné par les accessoires féminins, il accepte par jeu de se travestir en Lili pour se rendre à une soirée. Commence alors une difficile crise identitaire, Lili s’imposant à Einar comme une évidence, comme s’il avait toujours était elle. Par une cruelle ironie du sort, Lili va aussi permettre à Gerda de se réaliser pleinement dans son art.

Outre cette question du genre, des aprioris, des traitements médicaux alors proposés, ce récit est aussi l’histoire d’un incroyable amour, absolu, indéfectible.

La psychologie des personnages, servie par un casting brillant, est particulièrement fouillée et juste. Alicia Vikander, sublime, crève l’écran et incarne une Gerda toute en nuances et particulièrement touchante. Eddie Redmayne est époustouflant dans ce voyage entre virilité et féminité, cette lutte ardue pour exister pleinement. Ce duo, ou plus exactement ce trio douloureux, tout en sensibilité et en intelligence, apporte toute sa dimension au propos du film. Je saluerai aussi la prestation de Matthias Schoenaerts, alias Hans.

Le film est d’une facture assez classique certes, mais elle convient bien au sujet et à la période et se voit contrebalancée par la qualité de la photographie de Danny Cohen. L’ambiance particulière de cette histoire est également brillamment soutenue par les décors et les costumes de Paco Delgado.

 

 

 

 

 

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