discussion « Niki de St Phalle, le jardin des secrets », Osuch et Martin, casterman, 2015


niki

La grande rétrospective consacrée à l’œuvre de Niki de Saint Phalle au Grand Palais en janvier 2015, m’avait comblée et j’ai beaucoup apprécié de retrouver l’artiste, son cheminement personnel et certains détails de ces processus créatifs dans ce biopic particulièrement dynamique publié chez Casterman en 2015.

Le scénario très documenté de Dominique Osuch se construit sur un mode linéaire. Le récit s’organise en chapitres ponctués par des cartes de tarot, des arcanes qui confèrent une portée singulière aux planches qui suivent. Osuch évoque d’abord cette enfance cabossée, en partie volée, entre un père incestueux et une mère problématique. Sa naissance déjà semble la placer sous le sceau de la souffrance. Pourtant la petite Catherine Marie-Agnès, cultive déjà une certaine force de vie. Peut-être parce qu’elle souffre d’un terrible sentiment d’abandon, elle rêve très tôt de devenir une héroïne. Elle encaisse parallèlement cette traversée du désert grâce à son double imaginaire, comme une ombre avec laquelle elle s’entretient.

« J’étais une mauvaise herbe, très sauvage!…. Et mon père aimait ça! ».

Toujours en mouvement, éternelle amoureuse et artiste en herbe, Niki semble conjuguer ce passif qui la travaille dans l’ombre, insidieusement. Belle, elle officie un temps comme mannequin. Aimante, elle épouse Harry… tout s’accélère, même le mal, ce mal qui aurait pu l’anéantir mais dont elle tirera une force créatrice hors norme.

« Les démons intérieurs étaient en train de m’engloutit. »

Sans jamais se départir de son âme d’enfant, ni de ses blessures, elle se réfugie dans la peinture, la sculpture mais s’essaie aussi au théâtre, à l’écriture, à la parfumerie et à la joaillerie. Ce qui frappe dans ce parcours surprenant, c’est son insatiable appétit de mouvement, de liberté. Elle traverse l’existence comme une météorite et sème sur son passage une pluie d’étoiles. Elle infuse le monde de son talent et de ses couleurs, notamment avec ses nanas, ses mères dévorantes et surtout ses incroyables jardins dont la création relève de l’épopée. L’album retrace ainsi les projets, du germe de l’idée à la mise en forme. Il évoque aussi l’œuvre de Jean Tinguely qui compta beaucoup pour elle.

Le dessin déborde régulièrement des cadres comme pour mieux coïncider avec la démesure de Niki. Sandrine Martin opte par ailleurs pour un traitement particulier des couleurs. Le noir et blanc domine l’album et permet une mise en relief des touches plus colorées représentant soit le double de l’artiste, soit ses œuvres. J’ai bien aimé le trait et surtout l’effet crayon.

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Lecture effectuée dans le cadre de la la-bd-de-la-semaine  hébergée cette semaine chez Noukette

14 commentaires

  1. Je n’en ferai pas une priorité je dois dire, n’étant pas une inconditionnelle de Niki de St Phale… mais le portrait de femme semble des plus intéressants…!

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  2. J’aime assez les productions de cette artiste, mais par contre la BD ne me dit rien du tout… A voir, si un jour je la trouve en bibliothèque par exemple…

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