discussion « Les Communardes, L’Aristocrate fantôme », Lupano et Jean, Vents d’Ouest, 2015


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Pour ce second one-shot consacré à la période de la Commune, Wilfried Lupano s’associe à Anthony Jean pour le dessin. Il consacre cet opus à une figure assez énigmatique de cette période, la belle et fougueuse Elisabeth Dmittieff-Tomanovsky.

L’album s’ouvre dans un appartement londonien en avril 1871. Engels et Marx s’entretiennent de la Commune et s’inquiètent de ne pas avoir encore de nouvelles de la « Russian Lady », envoyée à Paris pour rendre compte de la situation française. Le gouvernement de Thiers, « ce valet de Bismarck » est retiré à Versailles, la capitale est aux mains du peuple.

Aristocrate, riche, cultivée, mariée à un homme qui la laisse libre de ses mouvements, « l’ange venue des steppes glacées » ne s’en laisse pas conter et ne se satisfait guère d’une mission de renseignement. Présidente de l’Union des Femmes, elle occupe le terrain avec une impatience grandissante. Si sa beauté envoutante et énigmatique fait des ravages auprès des hommes, ses revendications effraient et dérangent. Comment peut-on envisager d’ouvrir une coopérative ouvrière pour les femmes ? Comment peut-on réclamer le droit de vote, l’égalité et le droit de porter les fusils ? Elisabeth manie pourtant aussi bien le bâton de rouge à lèvres et le mascara que les révolvers. Elle est aussi la première à clamer aux hommes qu’ils n’empêcheront pas toujours les femmes de prendre part à l’histoire, à refuser qu’on les cantonne à la cantine. Sa virulence lui donne des allures de mégère ou de harpie et même Louise Michel se méfie. Quant à son ami et admirateur, Léo Frankel, il se demande où ce combat la mènera.

Le scénario est vif. Même s’il se focalise sur la figure d’Elisabeth, il restitue avec brio l’ambiance et les luttes de l’époque. Les dialogues ne sont pas dénués d’humour et rendent hommage à ces pionnières du féminisme. Le personnage d’Elisabeth est en outre très attachant.

J’ai beaucoup aimé le dessin d’Anthony Jean, ses couleurs sobres et la précision des détails. Il brille dans la représentation des scènes extérieures et des scènes de groupes. Les dernières planches qui retracent l’entrée des Versaillais à Paris fin mai 1871, animées d’un incroyable souffle épique, sont particulièrement époustouflantes.

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Lecture effectuée dans le cadre de la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Noukette

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