discussion « Les nuits de Saturne », Pierre-Henry Gomont, Sarbacanes, 2015


 

Avec cet album, Pierre-Henry Gomont, dont j’ai particulièrement apprécié Rouge Karma, signe de main de maître l’adaptation du roman de Marcus Malte, « Carnage constellation ».

Durant ses 15 années de détention, Milan Klovisevitch, alias Clovis a nourri une seule obsession, la vengeance. Dès sa libération, il s’organise pour retrouver Faber et lui régler son compte. Ses pensées oscillent entre le présent, les détails à ne pas négliger, et les souvenirs, le temps de l’activisme, sa jeunesse gauchisante, l’exfiltration de Mario, un proche des Brigades Rouges, les barrages policiers et les trahisons, Nathalie…

Aujourd’hui comme hier, son existence se déroule à fil tendu et rien ne doit le dérouter. C’est sans compter peut-être sur Césaria, l’étonnante serveuse du Vendôme bien décidée à se trouver sur son chemin.

nuitsaturne2

Vous l’aurez compris l’album s’inscrit dans la tradition de la série noire avec son lot de cavales, de traitres, d' »Armington modèle 72″et de planques. Trépidant, le scénario est régi par une tension dramatique qui ne faiblit jamais, même dans les instants de grande sensualité. L’action ne nuit jamais à l’expression des émotions ni à la poésie qui émaille le récit et qui contraste agréablement avec la crudité de certains dialogues.

Au-delà, Gomont nous narre aussi les amours tragiques de Clovis et Césaria, ces deux « fauves célestes » qui passent plus facilement outre le tabou de la transsexualité qu’à travers les balles. C’est un aspect de l’album que j’ai vraiment beaucoup aimé, sans doute parce l’auteur le traite avec pudeur, respect et simplicité et que cela ajoute encore à la profondeur de l’intrigue.

Le dessin et les couleurs ne sont pas en reste et contribuent fortement à la magie poétique de la BD, notamment dans le prologue qui conjugue onirisme et violence. Les aquarelles jouent des couleurs en fonction des époques et des émotions; elles mettent particulièrement en valeur les scènes de huis clos. Le trait est fin, le personnage de Césaria magnifiquement croqué.

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Lecture effectuée dans le cadre de la-bd-de-la-semaine hébergée cette semaine chez Noukette

Moka en parle ici et Stéphie ici

11 commentaires

  1. Avec Stephie vous me donnez envie et les dessins ont l’air vraiment chouettes aussi : je le note pour voir s’il est à la médiathèque!

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