discussion « Aina, Lalatiana et Alisoa vivent à Madagascar », Dorine Leleu et Sophie Duffet, De La Marinière Jeunesse, 2008


« Aina, Lalatiana et Alisoa vivent à Madagascar », Dorine Leleu et Sophie Duffet, De La Marinière Jeunesse, 2008

aina

La collection « Enfants d’ailleurs » des éditions De La Marinière, invite les plus jeunes à partager le quotidien lointain et différent, d’autres enfants, qu’ils vivent aux Etats Unis, au Japon, au Sénégal ou en Indonésie. Cette approche humaniste de l’altérité, qui permet de mieux mesurer sa chance, est aussi l’occasion de développer sa culture générale.
Dorine Leleu qui a vécu quelques années sur l’île évoque ainsi la géographie, l’histoire et l’écologie de Madagascar à travers l’existence d’Aina, un jeune Antemoro de 9 ans qui grandit au milieu des rizières et des girofliers de la côte Est, de Lalatiana, une élève de sixième qui évolue dans la capitale, Antananarivo et d’Alisoa installée à Ilakaka. Lalatiana appartient à l’ethnie des nobles, c’est une Mérina. Du haut de ses 12 ans, elle rêve de devenir guide touristique. Alisoa (prononcer Alisou) accompagne souvent son père dans les mines de saphirs.
L’ouvrage présente d’abord le pays et son histoire: une île de 587 000 km2 indépendante depuis 1960, plus de 18 millions d’habitants, 18 ethnies, une grande pauvreté malgré des ressources importantes (mines, vanille, poivre….), une faible espérance de vie (56 ans), deux saisons, une grande piété. Au fil des pages nous découvrons aussi les conditions sanitaires parfois difficiles des habitants, le paludisme, la malnutrition, les lémuriens, une faune et une flore exceptionnelles pourtant menacées, des baobabs, les beignets de banane, les interminables coupures d’électricité, la déforestation, la culture sur abattis-brûlis. Cette île, considérée comme un « coffre-fort écologique » voit en effet son environnement se dégrader à vue d’œil.
L’album s’organise alors en 3 temps, un par enfant. A travers Aina, nous découvrons le de village Vohipeno et cette région verdoyante, arrosée par de nombreuses pluies, qui longe l’Océan Indien. Il doit se lever très tôt et faire face à de nombreuses responsabilités: corvée d’eau, surveillance des plus jeunes. Pour lui, l’enfance ne rime pas avec jeux et insouciance, même si, contrairement à de nombreux petits Malgaches, il a la chance de fréquenter l’école.
Lalatiana, elle, est citadine et appartient à un milieu privilégié puisque son père dirige une entreprise textile. Moins soucieuse de ses conditions de vie, elle s’inquiète de l’avenir écologique de son pays et adore écouter son grand-père Dadabe lui raconter ses souvenirs d’enfance, du temps de la colonisation.
A Ilakaka, la ville « western » d’Alisoa, les activités tournent essentiellement autour des mines. Tous rêvent de tant de découvrir un jour la pierre qui les sortira de la misère que la région ressemble désormais à un gruyère. Elle creuse donc aux côtés de ses parents, dans l’espoir de pouvoir aller à l’école un jour.
Le texte, enrichi par les illustrations de Sophie Duffet et les clichés de plusieurs photographes, sait être captivant, notamment par les petites anecdotes ou les détails qui l’émaillent. On apprend ainsi que le zébu est un symbole de prestige, qu’un malgache engloutit en un an la quantité de riz qu’un Français mange en 30 ans (200kg par habitant et par personne).

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