discussion « Le facteur », un conte de Noel mauricien, lauréat du Prix du Livre Insulaire


facteur

Les champs Elysées s’illuminent, les rayons jouets s’emballent et la magie de Noel va peu à peu gagner les cœurs et les esprits. Les tables des librairies offrent au regard des plus jeunes des contes de Noel parmi lesquels vous trouverez peut-être « Le Facteur », du Mauricien Amarnath Hosany, illustré par Guillaume Clarisse.

Cet album, qui mériterait une large audience (et une édition plus élaborée), est le lauréat du Prix du Livre Insulaire 2015 (17° Salon de l’Ile d’Ouessant).

Originaire de Triolet, une commune du nord de l’Ile, Parsad est facteur. Voilà 35 ans qu’il se rend quotidiennement à la capitale, Port-Louis, pour y distribuer le courrier. Tout le monde connait ses sourires, sa moustache blanche et ses cheveux grisonnants. Sacoche en bandoulière, il arpente depuis toujours les quartiers fort contrastés qui lui sont attribués.

A la veille de sa retraite, il oscille entre gaité et nostalgie, pourtant comme tous les jours, après les rues riches et résidentielles, il traverse la forêt de Karo Sapins histoire de se protéger du soleil et de profiter du doux parfum de la nature. Il songe à cette autoroute qui lui semble diviser son monde en deux: les jolies maisons d’un côté, les cabanes en feuilles de tôle de l’autre. C’est pour cela qu’il ne croit pas au Père Noel: il ne s’occupe pas des pauvres. « C’est du business tout ça! », « Le sapin…c’est un attrape-nigaud! ».

La petite Fifi, assise sous son flamboyant, y croit elle, et voudrait bien lui envoyer une lettre. Elle imagine alors que Parsad peut lui venir en aide: “Ou kapav anvoy enn let kot Bonom Noel pou mwa? »

Confronté à sa robe en lambeaux, à sa vieille poupée, à ces enfants sans identité et sans adresse, notre vieux facteur ému se voit bousculé dans ses certitudes et bien décidé à agir…

Au delà de cette magie de Noel qu’Amarnath Hosany cultive avec bonheur, le récit est aussi l’occasion d’une réflexion sur ces ségrégations sociales qui demeurent et la solidarité, ces petits gestes généreux qui peuvent valoir bien des sourires. Loin de toute mièvrerie, mais aussi de toute morale pesante, ce conte est une jolie leçon de vie qui mêle français et créole pour notre plus grand ravissement.

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