discussion « La fête du feu », Asghar Farhadi, 2006


fetedufeu
Je poursuis mon exploration du cinéma iranien, de plus en plus conquise par les sujets abordés, leur traitement et les univers proposés.
Je me suis intéressée cette semaine à « La fête du feu », un long métrage signé par Asghar Farhadi en 2006, qui a obtenu le prix spécial du festival de Nantes et le prix du meilleur film de Chicago.
La jeune Roohi, heureuse en amour, attend le jour heureux de son mariage avec celui qu’elle aime librement. En attendant, elle travaille comme aide ménagère pour une agence de placement qui l’envoie chez Morteza et Mozhde l’espace d’une journée.
C’est un jour particulier dans la mesure où l’on célèbre le « Chahar shanbah souri », soit la fête plurimillénaire du feu, marquée par une ambiance de fête foraine, les pétards et autres feux d’artifices.
Mais si cette journée risque de marquer l’esprit de Roohi c’est sans doute en raison de sa rencontre avec un couple en crise. Elle débarque au matin dans un appartenant aux allures de capharnaüm et se trouve confrontée avec une jeune femme en proie à la jalousie. Mozhde est en effet persuadée que Morteza la trompe avec Simin, la sublime voisine incarnée par une Pantea Bahram magistrale. Le film se construit alors comme un huis clos parsemé de dialogues vifs et décapants. Le scénario fort bien ficelé et construit autour d’un effet de chute se caractérise par une incroyable intensité dramatique qui tient le spectateur en haleine. Farhadi fait tomber les voiles d’une société religieuse et bien pensante et aborde sans concession la question de l’adultère, interrogeant brillamment la notion de vérité, si fragile, si subjective et si fluctuante. Si Hamid Faroknezhad est très convaincant dans le rôle de Morteza, les prestations des différentes actrices sont saisissantes de vérité. Taraneh Ahidoosti apporte beaucoup de fraîcheur et de conviction au personnage de Roohi, tandis que Hedieh Terhani, alias Mozhde, dégage beaucoup d’émotion. Les jeux de regard, soutenus par la photo d’Hossein Jafarian, embarquent le spectateur dans ces différents états intérieurs, dans la confrontation de ces personnalités exacerbées dans une société dominée par la mesure. Je terminerai en soulignant l’élégance de cette réalisation empreinte d’un certain humour qui ne sombre ni dans le pathos ni dans l’hystérie.

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