discussion « Joe », David Gordon Green, 2014


Je tente de combler mon retard dans la rubrique cinématographique et je commence par un film qui ne m’a pas emballée, « Joe » de David Gordon Green.
Joe
Au menu, un Œdipe revisité, l’éternel duel entre le Bien et le Mal, une once de moralisme et une violence immense.
Gordon Green signe en effet l’un de ces films terriblement noirs qui nous poussent dans nos retranchements, sur un scénario de Gary Hawkins.
Le récit se déroule dans un trou du Texas où perdure cette ambiance sudiste, âpre et raciste. Les conflits et la violence gratuite sont d’ailleurs le menu quotidien du jeune Gary, un ado persécuté par son père et marqué par une misère autant matérielle qu’affective. Alcoolique, violent et parfaitement défaillant, son père n’éprouve pas le moindre intérêt pour ce fils, sauf lorsqu’il s’agit de lui voler son maigre salaire ou sa voiture. Sa mère, soumise aussi au père et à la bouteille, ne contrebalance rien. Difficile de se construire dans un tel climat ! Gary rêve évidemment d’un ailleurs lorsqu’il déambule symboliquement le long des rails de chemin de fer.
Joe Ramson, ex-repris de justice, tente de son côté de se refaire un nom et une vie. Il mène une existence solitaire et âpre. Il en a vu « des vertes et des pas mûres » et il dirige désormais une entreprise, toute une équipe de bucherons qui tuent les arbres à coup de poison à défaut d’être autorisés à les couper. La nuit, il oscille entre l’alcool et une jeune femme sensible à ses douleurs.
Autour de tout ce petit monde bien sombre, une nature assez luxuriante, soumise au saccage des hommes, sauvage aussi et des lieux de vie désolants.
Lorsque Joe croise Gary, il ne peut que trouver chez le jeune garçon comme un écho de lui-même, de son enfance amère et de son parcours chaotique. Peut-être voit-il là l’occasion de se racheter, même si la voie de la rédemption s’annonce périlleuse. Que peut la volonté lorsque les instincts primaires et mauvais s’emparent d’hommes capables de tuer pour deux billets et une bouteille d’alcool.
A travers ce panorama humain désespéré, et quelquefois désespérant, le réalisateur explore la barbarie humaine à grand renfort d’images sauvages. Il filme ce combat entre l’innocence et le mal sans aucune concession, s’appuyant en cela sur la photo de Tim Orr qui s’attarde longuement sur la noirceur de ce monde.
Côté casting, Nicolas Cage est parfaitement crédible dans la peau de ce Joe tiraillé, tandis que Gary Poulter incarne un père parfaitement ignoble. La palme revient d-sans doute au jeune Tye Shéridan qui donne beaucoup de force et de profondeur à son personnage.
Le film n’est pas sans intérêt mais j’ai peiné à le visionner jusqu’au bout…trop de lourdeur, de violente pesanteur, sans doute.

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