discussion « Discount », Louis-JUlien Petit, 2014: sur les traces de Ken Loach!


discount

Avec ce premier long métrage Louis-Julien Petit signe un coup de maître et s’inscrit dans les pas de Ken Loach. Il nous propose en effet une satire sociale drôle et touchante avec cette comédie douce-amère centrée sur la vie d’un magasin hard discount du nord de la France.
Gilles, Christiane, Alfred, Momo et Emma partagent en effet leur temps et leurs peines entre les murs de ce supermarché. Certains divorcent, d’autres aiment secrètement, d’autres encore se réfugient dans la musique ou leurs aveuglements, mais tous galèrent avec des fins de mois plus que difficiles. Le boulot est abrutissant, peu gratifiant, mais il a l’avantage d’exister et de leur permettre de survivre. Ils naviguent entre les mises en rayon, la tenue des caisses et des comptes sous haute surveillance. Sofia Benhaoui, la directrice veille au grain avec le soutien des agents de sécurité M’Bindo et Romain.
La situation se complique lorsque la chaine envisage l’installation de caisses automatiques et que Sofia suit un stage de Ressources Humaines : comment licencier un employé sans en avoir l’air. Tous passent dans son bureau un à un et écoute avec stupeur ce discours hypocrite devant l’affiche « Souriez ». La direction mise sur la compétition, le fameux adage « diviser pour régner » et sème le trouble.
Il est difficile d’échapper à l’abattement, à la déprime et impossible d’envisager la grève quand on connaît le manque permanent. Il leur vient alors l’idée de se servir dans les stocks et les marchandises promises au rebus pour ouvrir un hard discount sauvage, un magasin alternatif et solidaire. Ils font ainsi acte de solidarité, de résistance, de désobéissance civile dans un dernier élan d’espoir.
Le scénario, rythmé, mêle humour et vision acide, réalisme et fantaisie, en s’appuyant sur des dialogues vifs et truculents. Il est servi par un casting assez convaincant. Zabou Breitman, alias Sofia, porte bien sur ses épaules, le poids de sa mission (et du reste). Corinne Masiero et Pascal Demolon donnent beaucoup d’humanité et de crédibilité aux personnages de Christiane et Alfred.
Au delà du rire grinçant, le propos humaniste nous invite à une réflexion vraie sur le productivisme, la société de consommation, le gaspillage, la solidarité.

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