discussion « La propriété », Rutu Modan, Actes Sud BD, 2014


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Cette semaine j’ai extrait de ma PAL ce roman graphique de Rutu Modan, « La propriété », traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech. Cette Bd a obtenu le fauve d’Angoulème en 2014, Prix spécial du jury.
On découvre les personnages à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. Regina Segal est en partance pour Varsovie avec sa petite fille Mica. Le moins que l’on puisse dire est que leur présence ne passe pas inaperçue puisque Regina, une vieille dame assez fantasque, est dotée d’un caractère trempé. La voilà qui refuse de confondre consignes et dix commandements, même s’il s’agit de règles de sécurité. Malgré la colère des autres passagers, elle s’escrime à vouloir conserver sa bouteille d’eau. Son personnage, vous l’aurez compris, est le vecteur d’un certain humour qui traverse l’album. Leur vol n’est pas sans leur réserver d’autres surprises puisqu’elles doivent conjuguer avec un voyage scolaire et surtout avec la présence d’Avram Yagodnik.
Elles se rendent officiellement en Pologne pour y faire entendre leur droit et récupérer le titre de propriété d’un immeuble ayant appartenu aux parents de Régina. Cette dernière a en effet grandi en Pologne avant que la guerre ne s’en mêle. Il est donc assez surprenant pour Mica, que sa grand-mère veuille renoncer au projet dès son arrivée.
La question juridique se confond alors avec les souvenirs, les secrets de famille et les vieilles amours dans un scénario bien construit qui distille savamment les indices et autres informations. Mica découvre un pan de l’histoire familiale et les restes du ghetto ; Régina solde ses affaires avec tendresse, tandis qu’Avram, véritable fâcheux, joue les espions machiavéliques. Rutu Modan s’amuse avec les tons et les genres, en conjuguant la satire, la romance, et l’intrigue semi-policière. La toile de fond lui permet bien évidemment d’aborder la question juive, sans militantisme, mais le nœud réside surtout dans l’hypocrisie familiale.
Les personnages, bien campés, sont attachants et j’ai beaucoup aimé la mise en abyme permise par le jeune Tomasz, dont je ne dirai rien, même sous la torture.
Côté graphisme, rien de déplaisant, mais rien de spectaculaire non plus à mon goût. C’est assez convenu.

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14 commentaires

  1. Je n’aime pas trop le dessin mais si je venais à la croiser dans une médiathèque, je tenterais pour découvrir l’histoire

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