discussion « Cake » de Daniel Barnz, 2015


Un rapide billet ciné ce jour pour évoquer un film de Daniel Barnz en demi teinte. Le scénario souffre en effet d’une ligne directrice forte qui nous tienne en haleine jusqu’au bout.

Cake_poster

Claire Bennett fréquente péniblement un groupe de parole et peine à entrer en contact avec ses émotions. Cela lui vaut son exclusion. Cela pourrait sembler un détail, mais une telle décision ne fait qu’accroître le malaise de cette quadra à la vie brisée.

Claire est  un être de douleur. Rescapée d’un accident de la route, percluse  de douleurs, elle va de séances de kiné en séance de psy. Les cicatrices émaillent son corps, ses nuits sont hantées par ses angoisses et sa vie va à vau l’eau. Multipliant les addictions pour tenir, elle a fait le vide autour d’elle. Son mari l’a quittée, ses amis la fuient. Avocate, elle a rompu toute vie sociale et professionnelle et traîne péniblement sa carcasse. Seule dans une belle et vaste villa avec piscine, elle est en proie à une effroyable dépression. Seule Silvana, sa femme de ménage interprétée par une merveilleuse Adriana Barraza, s’évertue à veiller sur elle, et dieu sait qu’il faut du courage et de la ténacité.

Le suicide de Nina, une jeune femme qui fréquentait le même groupe de parole, accentue douleurs et interrogations au point qu’elle décide de prendre contact avec Roy, l’époux de cette dernière. Ces deux accidentés de la vie prennent ainsi l’habitude d’échanger. Cela la change ses conversations lapidaires avec le raton laveur qui squatte la plage de la piscine.

Il faut d’abord saluer la prestation de Jennifer Ariston dans ce rôle à contre-emploi. Méconnaissable, elle apporte à ce portrait douloureux beaucoup d’humanité. La photo de Rachel Morrison contribue incroyablement à la crédibilité du personnage.

Je sais gré ensuite au scénariste de s’intéresser à la question de la dépression, une maladie que l’on connaît souvent mal, qui gêne aussi et qui g-hélas suscite encore quelquefois des jugements odieux. On perçoit bien que Claire n’avait rien d’une faible avant, dans une autre vie, et l’on se questionne sur les raisons d’un mal être. On comprend bien que l’accident ne suffit pas à expliquer une telle descente aux enfers. Le scénario, qui distille les informations par petites touches successives, est assez réussi de ce point de vue. Je me serai bien passée en revanche du traitement vaguement « fantastique » et assez convenu du personnage de Nina.

2 commentaires

  1. Je t’avouerais que regarder un film sur la dépression, je n’y arrive pas. Pareil pour les lectures sombres… Mais je comprends qu’elles puissent éclairer.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s