« Saint Laurent », de Bertrand Bonello, septembre 2014


saintlaurent

Voilà un moment que je ne vous ai pas parlé cinéma…ce n’est pas faute d’avoir hanté les salles obscures cet été.

Je vais entamer ma reprise par le dernier film visionné au chaud sous un plaid hier soir.

Après le biopic Jalil Lespert consacré au géant de la mode que fut Yves Saint Laurent sorti quelques mois avant, le cinéaste Bertrand Bonello en proposait sa vision au festival de Cannes d’abord, puis en salle dès septembre. Etonnant hasard peut-être.

Il choisit de se consacrer à une période précise, les années 1967-76, marquées par le grand tournant que fut mai 68. Plus que le monde de la mode et de la couture, ce qui intéresse le réalisateur c’est la personnalité libre mais torturée d’Yves Saint Laurent, cet être génial et fragile aux prises avec une époque libératrice. Cette liberté reste cependant illusoire dans la mesure où le couturier, sans cesse borderline, flirte avec les limites, avec la mort et brûle la vie par les deux bouts.

« J’ai pas eu de vie. Je suis vieux. J’ai pas de vie. »

Le récit s’ouvre en 67 sur un jeune homme en pleine gloire. Les petites mains s’affairent dans l’atelier, les présentations approchent. On perçoit d’emblée la difficile pression qui hante les lieux. Les saisons et les collections défilent, les mannequins filiformes aussi, à la manière d’une toile de fond. Le couturier joue avec les codes masculins (et pas uniquement !!!!) et s’efforce de mener le combat de l’élégance et de la beauté. Mais la haute-couture n’est pas le propos, même si nous comprenons à travers certaines apparitions de Pierre Bergé (Jérémy Régnier) que la mode c’est aussi les affaires.

Sexualité débridée, soirées undeground, alcool et drogues jalonne son parcours. Le film, qui vise à retracer cette rencontre entre le créateur et les seventies, s’attarde donc sans concession, mais non sans quelques longueurs, sur cette sensualité et cette « débauche » (sans jugement moral de ma part ») dans un style parfois onirique. Cette dimension du film traduit assez bien les effets des acides et la perte de contact progressive du jeune Saint-Laurent avec le réel. La narration accorde aussi une place intéressante aux liens qui unissaient YSL et Andy Warhol, à son rapport à l’art et à la musique

« Je suis passé par bien des angoisses, par bien des enfers… » YSL

Gaspard Ulliel se fond bien dans le personnage, même si j’ai préféré l’interprétation de Pierre Niney. J’ai eu le même sentiment sur l’ensemble du casting, sans doute parce que j’ai beaucoup moins adhéré à ce biopic qu’à celui de Lespert même si la critique a encensé ce film « fascinant », « hypnotique », « sensuel et décadent ».

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