discussion « Terminus Elicius », Karine Giebel, Pocket, 1ère édit° 2004


« Terminus Elicius », Karine Giebel

terminusElicius

Un thriller déroutant comme je les aime!

La vie de Jeanne, réglée comme du papier à musique, rime avec train métro boulot dodo, surtout depuis qu’elle travaille au grand commissariat de Marseille. Du haut de ses 28 ans, elle forme comme un vieux couple avec sa mère et ses petites habitudes, ses manies flirtent avec les TOCS. Sous l’emprise d’une immense solitude, elle soliloque avec elle-même, comme dans une longue conversation avec son double, un duel interminable entre raison et irrationalité.
« Elle aimait l’exactitude et détestait les approximations. Ce qui n’était pas parfait, ce qui n’était pas à sa place. Les livres écornés, les crayons mal taillées, les vêtements mal repassés. Les hommes mal rasés. »
Dans le train, elle s’assied toujours à la même place, « Sa place, tout au fond du dernier wagon ».
A son grand désespoir elle a intégré la police nationale mais doit se contenter des affaires générales en raison de ses lunettes. Rien de bien folichon pour venir perturber sa monotonie. Tandis qu’elle s’occupe de courriers, des congés et de la gestion des carrières et qu’elle fantasme sur le sublime capitaine Fabrice Esposito, le reste du staff est aux prises avec un assassin qui prend des allures de serial killer.
Pourtant, un certain 12 mai, la surprise vient d’ailleurs et prend la forme d’une lettre glissée près de son siège dans le wagon et signée d’un mystérieux soupirant, un certain Elicius, comme le dieu du même nom.
« Un dieu était amoureux d’elle, pauvre mortelle. »
Comme elle n’échappe pas à sa nature, dès le 13, elle en attend une autre. Il semble bien qu’Elicius partage son penchant pour les habitudes, à moins qu’il ne s’agisse de rites. La voici donc réjouie de découvrir une seconde missive. Le seul petit hic, c’est que cette déclaration d’amour émane d’un être qui revendique le meurtre de Charlotte Ivaldi et de Sabine Vermont…Il y a de quoi perdre ses repères et ne pas se guérir de ses insomnies!
Elicius l’a choisie comme confidente et comme unique réconfort, tandis qu’elle est hantée par le souvenir de Michel et qu’elle glisse peu à peu dans cette folle aventure, ce dangereux pacte avec le diable, cet interminable combat entre le bien et le mal, la répulsion et la compassion.
« Elle avait l’impression d’être tombée dans un piège, d’avoir mis le doigt dans un engrenage infernal. »
Je n’en dirai pas plus pour ne pas déflorer cette intrigue palpitante et fort bien écrite. Le scénario, très original, tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Karine Giebel a l’art de jouer avec nos nerfs mais aussi avec toute la palette de nos émotions. Les personnages sont extrêmement attachants, les analyses psychologiques passionnantes.

4 commentaires

  1. J’en avais lu qui m’avait tenu en haleine mais que j’avais trouvé très violent : est-ce le cas de celuic-i ? En tout cas, ce que tu en dis me tente !

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