Atelier de Leil (20) : Jalousies ombrageuses


In extremis au milieu d’un programme chargé voici finalement ma participation à l’atelier de Leil du blog Bricabook. Comme chaque semaine, Leil a offert une photo à notre sagacité.  Il s’agit cette fois d’un cliché de Romaric Cazaux susceptible de nous réchauffer un peu en ces temps hivernaux. Leil20                           « Jalousies ombrageuses » Tu t’exhibes Ginette, tu t’exhibes ! Tu te crois sans doute irrésistible dans ton petit maillot Grâce Kelly à paillettes qui épouse tes poignées d’amour. Enfin, d’amour… Tu t’étales au regard de tous sur ta serviette. Ah ça, tous te regardent ! Mais cela n’a rien à voir avec l’effet maillot tendance, je t’assure ! Tu cuis Ginette, tandis que tes songes t’embarquent sans doute dans un ailleurs plus exotique où les hommes auraient du charme, de beaux muscles et des envies. Tu dois t’imaginer sur une plage des Maldives au bras d’un bellâtre… tu savoures déjà les mojitos du bar de l’hôtel… C’est plus glamour que Palavas ! Tu rosis, tu rougis, mais pas de plaisir ! Tu as désormais l’aspect d’une gambas bien grasse, trop cuite. Je pourrais te prévenir, te proposer de t’enduire d’ambre solaire. Je pourrais imaginer que mes mains se feraient caresses. Mais elles ne t’intéressent plus mes mains, Ginette…alors c’est ma petite vengeance. Tu insistes chaque fois pour que je m’abrite bien derrière ce parasol orange, comme si son affreuse floraison allait m’épargner, t’éviter le pire, mes œillades aux jolies petites nanas des serviettes d’à côté. Dès que tu t’assoupis, je recule un peu le fauteuil histoire de feindre de mieux contempler les vagues. Je profite du spectacle de cette chaire neuve qui crie en sautillant dans l’eau. Je sue et je m’hydrate, tout à l’heure, je la rejoindrai. Il me faudra escalader ton corps cramoisi et ton panier que tu prends soin d’installer à mes pieds, comme s’il pouvait faire barrage. 30 ans que nous passons nos vacances au camping des Flots, 30 ans que tes stratagèmes n’ont pas varié d’un pouce. Faudrait qu’on en parle Ginette, ce n’est plus raisonnable. 30 ans que tes petites jalousies me traquent et m’enferment, 30 ans que tu me fais de l’ombre…et comme une envie irrépressible de nager dans d’autres eaux dès aujourd’hui. Je vais t’oublier, Ginette !

19 commentaires

  1. J’adore le coup du panier !
    Punaise, les filles, on ne peut pas dire que ce couple vous fasse rêver, toutes !

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  2. Je pense que quand on commence à utiliser le qualificatif « gambas » dans un couple, la fin est proche haha. C’est un texte doux-amer, dans un style que j’aime beaucoup :).

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  3. Eh beh dis donc, cette photo n’a pas inspiré que de l’amour !
    En tout cas, ton texte m’a fait sourire, il est léger malgré l’ombre qui apparait à l’horizon

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  4. J’aime beaucoup; à la fois drôle et grinçant. Une horreur, comme je les aime! Merci pour ce bon moment, même si j’avais envie de lui répondre à ce sale type.

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