discussion « Kaboul Disco, tome 1 », Nicolas Wild


« Kaboul disco » de Nicolas Wild, La Boite à Bulles, 2007, Tome 1

« Comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan »

KaboulDisco1

Un album particulièrement drôle, cynique et dépaysant!

Paris, Ménilmontant, début janvier 2005. Deux copains dessinateurs de BD échangent autour de leurs projets ou absence de projets. Boulet vient d’achever son douzième album, Nicolas attend un déclic, l’idée géniale qui le mettrait en branle…Heureusement, il existe de bonnes copines comme Céline pour lui refiler des tuyaux intéressants: une agence de communication afghane cherche un graphiste pour expliquer la constitution du pays aux enfants. Il s’agira de mettre en oeuvre « Les aventures de Yassin et Kakaraouf ». Evidemment Kaboul ne fait guère rêver alors, mais les contingences matérielles peuvent faciliter certaines vocations…

Une escale fraîche et longue en Azerbaidjan, (« un charmant pays riche en pétrole mais pauvre en droits de l’homme ») plus tard, le voilà qui découvre Kaboul: « Bienvenue en Afghanistan, véritable carrefour des civilisations! ».
Nicolas découvre l’usage afghan des téléphones portable et autres smartphones, les quartiers chics de Wazir Akbar Kahn, les bureaux de Zendagui, son nouvel employeur, Tristan son collaborateur bougon et rabat-joie. Le voilà aussi aux prises avec des conditions de vie délicate dans « un chalet suisse soviétique », le guesthouse qu’il partage avec quelques collègues. Il profite également des cours de Dari, le persan local, offerts par son employeur comme un gage d’immersion.

Ne se départissant jamais d’un regard ironique, Nicolas Wild nous brosse son quotidien, mêlant adroitement ses réflexions sur ce pays encore en crise après plus de 20 ans de guerre et à la narration de sa vie d’expatrié:

« Tu verras, l’Afghanistan, terre de contrastes. Et pour nous , terre de contrats ».

Il n’est pas toujours aisé d’échapper aux compromissions, surtout lorsqu’on travaille pour une boite qui s’enrichit de toutes les propagandes et le regard de Wild se fait parfois grinçant.
Le pays tente de se reconstruire, avec l’aide pas toujours si bienveillante que cela de certains pays occidentaux, mais les Talibans n’ont pas dit leur dernier mot. Cela change la donne du quotidien, on peut finir par avoir l’impression de participer à « Loft Kaboul », une nouvelle émission de TV Réalité. Un otage occidental représente une manne, un guesthouse peut se muer en bunker.

L’album mêle adroitement humour et gravité et permet de mieux comprendre l’histoire de ce pays meurtri et les causes d’une guerre complexe. Il invite aussi à une réflexion sur toutes ces ONG et leurs véritables motivations. Il n’existe décidément pas de petits profits!
En prime vous pourrez apprendre quelques rudiments de Dari:
Sale ko! : regarde
Khosa Hafez: au revoir
Goshna hantez: j’ai faim
Toscan hantez: j’ai soif

Le bonus vous offrira un aperçu de ce séjour et de cette propagande….

Le scénario, haut en couleurs,compense allègrement le choix du noir et blanc. Je n’ai qu’une hâte: me jeter sur le second opus!

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