« Contes de l’île Maurice » Shenaz Patel et Sébastien Pelon Atelier des Nomades


« Contes de l’île Maurice », Shenaz Patel et Sébastien Pelon, Edit° Atelier des Nomades, 2013

contesmaurice
Certains de ces contes perdurent dans les mémoires grâce au travail de collecte de Charles Baissac à la fin du XIX°.

L’album, haut en couleurs à l’image de l’Ile Maurice et de son imaginaire, regroupe 9 contes.
Nous faisons d’abord la connaissance de Tizan, un garçonnet qui vit dans une petite case non loin de la mer et qui est assez malin pour transformer une sauterelle en vache. Comme tous les enfants mauriciens, il aime plus que tout « les gâteaux-cannettes », des bonbons multicolores en forme de billes, avec lesquels on joue avant de les déguster. Hélas, il n’a que rarement le sou nécessaire pour en acheter à la boutique du Chinois. Ingénieux, il trouve le moyen de palier le manque, même si cela lui vaut de rencontrer une sorcière désireuse de savourer une « bonne fricassée de Tizan avec des petits oignons ». Vous l’aurez compris, Tizan, tout comme Namcouticouti quelques pages plus loin, incarne la débrouillardise, mais c’est aussi un grand cœur, un vrai petit Mauricien.
Viennent ensuite les aventures de « Compère Jaco et commère tortue », ou la victoire de l’honnêteté sur l’avidité, celles d’un lièvre fanfaron et malin qui veut se mesurer à plus fort que lui histoire de prouver que « la raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure ». La confrontation de Ton Pierre à un caïman ingrat nous fait comprendre que « mangera bien qui mangera le dernier ». J’ai particulièrement apprécié le sens de l’à propos du Bonhomme Francoeur qui sait à merveille se tirer des affaires les plus délicates
Shenaz Patel restitue l’oralité de ces histoires et joue avec la langue et les particularismes régionaux pour nous plonger dans un cet imaginaire mauricien qui revivifie certains hypotextes. On reconnaît de temps à autre la marque d’un fabuliste comme La Fontaine. L’inventivité langagière est un ravissement ainsi qu’en témoigne par exemple cette vache qui s’exclame « Je donne du lait, vous meuh le prenez ». Les images dépaysent au point que le lecteur peut aussi « s’arrondir en caméléon ». Et puis qui pourrait résister au « Ayo !!!!! « ? !
Nombre de ces histoires sont au service de la générosité, une valeur qui a encore beaucoup de sens au quotidien à Maurice, mais ce qui frappe le plus reste sans doute ce sens inné de la débrouillardise partagé par les personnages.
Le dessin de Sébastien Pelon, riche de couleurs et d’émotions, sait aussi retranscrire la drôlerie des textes. Le tout rend un bel hommage au patrimoine culturel mauricien et constitue une excellente de cadeau à l’approche de Noel.

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