« Le colonel Chabert » , Honoré de Balzac, 1832


b

colonelchabert

Voilà une relecture qui aura effacé le mauvais souvenir d’adolescence que je conservais de ma première rencontre avec Balzac…

Comme le suggère le sous titre « Scènes de la vie privée », le récit s’intéresse à un problème privé et intime autour du mariage. Ce roman a connu en outre plusieurs titres dont « La Transaction » ou « La comtesse à deux maris », qui renvoient à cet étrange cas de bigamie et aux négociations qui l’entourent.
Le récit s’ouvre sur une étude d’avocat et sur les agissements contestables d’un clerc, Simonin, prompt à l’amusement et aux sarcasmes. Il se montre assez méprisant avec un client, Chabert, qu’il juge simplement sur sa triste mine et sur l’apparence miteuse de ses vêtements, notamment ce carrick qui revient comme un leitmotiv..
Comme à son habitude, Balzac nous offre la description minutieuse et réaliste de l’étude au plancher déjà couvert de fange, au «  mobilier crasseux », « une des plus hideuses monstruosités parisiennes ». Il s’agit pour Zola de déconsidérer la profession qui profite du malheur des gens pour s’enrichir. Le maître des lieux, pourtant fera exception en acceptant d’aider Chabert et de défendre ses intérêts.
Cela fait un moment que Chabert cherche à le rencontrer et qu’il se voit éconduit, peut être à cause de son apparence fatiguée. « comme un chien » et de son allure de déterré. C’est en effet un mort-vivant qui se tient dans ce clair-obscur à la Rembrandt. Tous le croient mort à la bataille d’Eylau dix ans auparavant. Sa femme , animée d’une ambition à la hauteur de sa cupidité, s’est même remariée au comte Ferraud, conseiller d’Etat.
Balzac nous narre ainsi l’histoire d’un homme profondément dépossédé de ses biens, de son amour, de son honneur et de son nom, que sa femme refuse d’aider. Il mêle la satire sociale à une variation sur la chute, à l’image de cette couche constituée de quelques bottes de paille.
Le récit est aussi le combat injuste de la générosité et de l’avarice, de l’honnêteté et de l’ambition malsaine, de la droiture et du machiavélisme. Son écriture incisive, non dénuée d’humour, pousse l’humain dans ses noirs retranchements.

« toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s