discussion « NO » de Pablo Larrain, 2012


“No” de Pablo Larrain, 2012, adaptation cinématographique de la pièce de Skarmeta. no-pablo-larrain

Après 15 ans de dictature, depuis le coup d’Etat du 11 septembre 1973, Augusto Pinochet organise un referendum plus ou moins truqué pour asseoir son pouvoir tout en feignant l’instauration d’une démocratie. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit notamment de faire oublier les 34000 cas avérés de tortures, les 200000 exilés, les 2000 exécutions , les 1248 disparus et de se faire accepter par les autres nations. L’opposition se voit offrir 27 jours de campagne et 15 minutes quotidiennes d’audience télévisuelle. Pour les partis de la résistance “La patrie sera grande quand aucun Chilien n’aura plus peur d’aucun Chilien”, pourtant la bataille semble perdue d’avance.
René Saavedra, jeune publiciste rentré d’exil, préfère initialement se consacrer aux spots pour coca cola ou pour les micro-ondes. Il reste à distance de l’opposition politique marquée, de tout engagement, peut-être parce que la mère de Simon, son fils, les a délaissés au profit de son militantisme.
Mais l’idée que le Chili peut désormais penser à son avenir, que le moment de renverser le dictateur est peut-être venu fait progressivement chemin. Tandis que le conseil des ministres débat de l’image de Pinochet, qui a su moderniser le pays, et mise sur la création d’un hymne gai, “enchanteur”, René se laisse convaincre. Il mènera la campagne du “NO!”, une mission délicate s’il en est puisqu’il s’agit de convaincre les indécis mais aussi d’assurer une cohésion minimale entre les 17 partis politiques que concentre l’opposition. Il lui faut aussi faire face aux pressions et aux menaces à peine déguisées de son patron d’agence qui finit par prendre en charge la campagne du “Si!”.
Le film propose alors une réflexion vraiment intéressante sur la dictature bien sûr, mais surtout sur la question de la propagande et de ses outils. Les moyens d’expression de la publicité s’invitent en politique, ce qui donne à réfléchir.
Je n’ai pas été séduite par l’esthétique du film mais elle sert le propos intelligemment. René et ses acolytes font ce qu’ils peuvent avec leurs petits moyens pour mener cette guerre politique. Pablo Larrain a par ailleurs fait le choix de tourner avec des caméras d’époque pour plonger le spectateur dans ce passé mouvementé et pour assurer une continuité visuelle avec les images d’archives intégrées à la narration. L’image est carrée, les couleurs sont désaturées. Cela n’empêche pas Gael Garcia Bernal, alias René, de crever l’écran.

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