discussion Atelier de Leil (15): « Bouba »


Sacrifions, comme tous les lundis, au rite de l(atelier de Leil, du blog Bricabook.
C’est une belle photo de Maman Baobab qu’elle nous offre cette semaine!

Leil16

Bouba

Une rencontre de hasard
Le croisement de deux regards,
Et des peurs tenaces, terribles,
L’effroi de l’abandon,
De sa perte,
De sa dissolution dans la foule,
De sa transparence.
Deux mains qui se trouvent!

La première dit l’immensité du chemin parcouru.
Comme un livre ouvert,
Elle raconte les hic et les hoc,
Les espoirs déçus,
Les coups reçus,
Les amours perdus
Les blessures, les refus
Les lignes de vie déchues.

Elle a caressé des peaux,
Emmêlé des cheveux,
Emu des femmes et mu de la terre.
Brave, elle a voulu refaire le monde.
Tendue, offerte, généreuse,
Elle façonnait des rêves impossibles et ravageurs,
Des songes avortés.
Ce matin, elle attend l’aumône!

La seconde dit les frémissements de la vie,
Elle appréhende et elle tâtonne,
Elle voudrait écrire le livre,
Mettre des couleurs et des sourires,
Inscrire ses lignes dans l’histoire,
Aimer des femmes, aussi,
Se perdre dans les chevelures,
Parer les coups et les guérir.

Sans papiers,
Elle connaît le froid, la faim, la nuit…
Le rejet et les regards qui tuent,
Les crachats de la vie,
L’interdiction d’y croire…
Et pour oublier, se rassurer,
Elle s’agrippe à sa mère,
Contre vents et marées.
Ce matin, elle la guette en vain!

Des sirènes, des pistolets, et des cris
Ont déchiré le ciel de la supérette,
Et son sommeil de carton.
Plus loin,
La mère avait disparu,
« Contrôle d’identité »!
Ne restait que le vieux mendiant,
Qui lui tendait la main.

20 commentaires

  1. J’adore vraiment, Sabine!
    Tu m’as emportée, j’ai lu d’une traite toutes les strophes… que de belles images!
    Bravo pour cette fin, aussi.

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  2. La fin m’a vraiment surprise. J’ai vu de la tendresse dans cette photo. Ton texte est la preuve qu’on pouvait y voir bien d’autres choses….

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  3. J’en ai des frissons … avec ce que je viens d’entendre aux infos en plus, c’est comme si c’était la voix des sans paroles qui parlaient à travers toi.
    Et cette fin …

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