« Une séparation » de Véronique Olmi


« Une séparation », Véronique Olmi, Albin Michel 2013uneseparation Première édition, 2009. Cette courte pièce, récompensée en 2008 par le Prix Durance-Beaumarchais, et mise en scène en 2013 par Jean-Philippe Puymartin, se présente comme un dialogue épistolaire entre Marie et Paul, un couple de quadragénaires. Marie vient de se lever tôt et de profiter de l’aube printanière. C’est l’heure des bourgeons et du grand ménage après le bilan de l’hiver. L’ennui lui pèse trop, elle a envie de revivre. « Je te quitte, Paul, je te quitte. » C’est simple de l’écrire finalement, une fois la décision prise! C’est du moins ce que l’on croit sur le moment. « Cela va vite, une séparation. Il suffit d’un mot pour défaire des mois, des années d’amour, c’est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s’effondre. Etrange que ce soit si simple de se quitter. » « Un peu de vent à la surface du sable. Un volet qui claque. Un rêve qui meurt. trois fois rien. C’est fini. » Mais les mots ont-ils ce pouvoir de délier? Ils ne se parlent pas, ils s’écrivent. Un choix dramaturgique qui souligne la distance qui les sépare, la difficile communication, la solitude. Quitter n’est pas si simple, quitter est douloureux, même si la violence est différée pour celui qui laisse l’autre. Aussi prolonge-t-on la séparation au delà de cet arrêt brutal, de cet aveu. On se pose des questions, on voudrait des réponses, on se justifie, on se fait des reproches, on se souvient aussi…Que n’ont-ils pris soin de leur amour?!L’ennui ensemble pesait certes…mais est-il si simple de se délivrer de l’autre lorsqu’on se quitte par amour, parce qu’on a la nostalgie des beaux jours? Paul reste soumis à son amour pour Marie. Marie devient dépendante de leur courrier. Ces lettres prennent des allures de rites. Elles sont parfois autant d’appels, surtout lorsqu’elles ne partiront pas. Marie: « Jamais nous ne nous sommes autant écrit. jamais nous ne sommes adressés à l’autre avec autant de précautions. »

Le texte est intense et beau. Sublime, même!L’écriture est magistrale, comme toujours, tissant émotions et drôleries. Véronique Olmi a l’art de pousser ses personnages dans leurs retranchements, jusqu’aux émotions les plus vraies.

Paul :« d’ailleurs maintenant tu ne t’appelle plus Paul tu t’appelles Ex, mon ex, ex est toujours au possessif signe que l’on ne se sépare pas totalement on s’appartient encore un peu… »

Paul: « (tu vois j’ai bien compris: nous sommes séparés. parés de séparation) »…

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