« Nos étoiles contraires » de Josh Boone, août 2014


« Nos étoiles contraires » de Josh Boone, août 2014
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Après « Stuck in love », le jeune et assez talentueux réalisateur Josh Boone s’est attaqué à l’adaptation du roman de John Green, « The Fault in Our Stars », « Nos étoiles contraires », aidé dans cette tâche par le scénariste Scott Neustadter.
La jeune Hazel Grace Lancaster, à peine âgée de 17 ans lutte depuis plusieurs années contre un cancer terrifiant et se sait en sursis, comme si chaque jour vécu était une victoire sur cette condamnation. Même si elle n’abdique pas, sa mère et le médecin la trouvent dépressive et l’invitent fortement à fréquenter un groupe de soutien. Aux dires de sa mère, interprétée avec beaucoup de justesse par Laura Dern, rencontrer des jeunes vivant « la même aventure » qu’elle, peut s’avérer enrichissant. Bienveillants, tous l’exhortent à vivre son adolescence et à se faire des amis. Les mots peuvent être bien désuets parfois, maladroits aussi, mais il est difficile de savoir quelle attitude adopter face à son enfant malade. C’est l’un des aspects du film que j’ai apprécié, ce regard porté sur les parents et leur accompagnement dans l’inéluctable.
Au premier abord, ce groupe qui cherche le réconfort dans le coeur de Jésus pourrait sembler plus déprimant qu’autre chose, à moins d’être un Chrétien convaincu. Rien que le vaste tapis à l’effigie du Christ, JC pour les intimes, est un remède à l’existence! Quant aux chants et autres discours du type « le Christ est notre copain et il le restera jusqu’à la fin », ils pourraient bien aggraver son état.
Hazel s’y rend contrainte et forcée, y retourne, comme par loyauté envers ses proches, comme s’il s’agissait de les aider à vivre.
A défaut d’y rencontrer le Christ, Hazel y fait la connaissance d’Augustus Waters, Gus, à peine plus âgé qu’elle. Celui qui se présente avec beaucoup d’auto-dérision comme un « demi-robot », va alors illuminer sa vie, aidé quelquefois par Isaac, leur compagnon d’infortune.
Le spectateur suit ainsi leur cheminement au milieu des peurs, des certitudes d’en finir, mais aussi des regards, des sourires, des envies de croquer ce qu’il reste…des lectures qu’on échange, des sms et des coups de fil qu’on attend avec peut-être encore plus d’impatience. Le désir est là aussi, qui s’exprime à travers leurs regards et leurs gestes hésitants, mais aussi dans leur envie de rencontrer Peter van Houten, un écrivain maudit et meurtri. On a peur de s’engager, on se demande si le jeu en vaut la chandelle lorsque l’on sait qu’on est « une grenade ». Comment parvenir à trouver une raison de vivre dans ce duel entre éros et thanatos?
Evidemment, avec un tel sujet, le film n’évite pas le mélo et un certain pathos. Toutefois, la fraîcheur et la délicatesse du scénario, nourries par des dialogues vifs, tendres et empreints d’un humour parfois caustique, en atténuent la dureté. La musique de Mike Mogis n’en fait pas trop non plus.
Si la voix d’Hazel au doublage est vaguement désagréable, le casting est parfait. Shailene Woodley incarne une Hazel tout en nuances et très convaincante. Nat Wolff apporte beaucoup au personnage d’Isaac. La palme, selon moi, revient au jeune Ansel Elgort (Gus) particulièrement lumineux.

On peut appréhender ce film comme une leçon de vie, mais c’est surtout un memento mori, ce qui constitue peut-être sa plus grande originalité.

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