« 2 automnes et 3 hivers » , Sébastien Betbeder, 2014


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« 2 automnes et 3 hivers » de Sébastien, Betbeder, septembre 2014

Après « les nuits avec Théodore » Sébastien Betbeder s’invite une nouvelle fois dans la catégorie art et essai avec ce long métrage au titre vaguement énigmatique, « 2 automnes et 3 hivers », manifestement réalisé sans excès de moyens.

Arman, incarné avec conviction par Vincent Macaigne, ne fait pas grand chose de sa vie malgré ses 33 ans. Il va de petits boulots en bonnes résolutions qu’il a du mal à tenir, même s’il a bien conscience que sa vie doit changer… Le point le plus positif réside finalement dans le temps qu’il passe avec Benjamin, son copain depuis leurs études aux Beaux-Arts de Bordeaux.
Comme Amélie (Maud Wyler), il vit Paris. Agée de 27 ans et demi, c’est important, elle est thésarde en histoire de l’art. Le reste du temps, elle s’ennuie parfois mortellement avec Guillaume.
Benjamin et Arrman, sont copains depuis leurs études aux Beaux-Arts de Bordeaux.
La narration s’organise en petites scènes , sortes de tranches de vie qui tiennent de l’analepse et du commentaire. Les personnages évoque à tour de rôle des souvenirs dans des monologues sympathiques. Le film, très écrit, alterne ainsi confessions et dialogues empreints d’humour et d’auto-dérision. C’est assez jubilatoire! La définition de Koh Lanta par Arman est particulièrement désopilante.
Arman, qui pourrait passer pour le fils d’André Manoukian, s’impose comme un anti-héros d’un genre nouveau.
« nous nous sommes déshabillés au milieu du salon, heureusement j’avais passé l’aspirateur ».
On en tient pour preuve la compile de Michel Delpech qu’il écoute à vélo, son investissement dans un super survêtement ou ses rencontres percutantes avec Amélie. Mais le ridicule ne tue pas! Sa saison préférée reste l’hiver, à cause des jupes des femmes, des collants et des bottes en cuir. Il est tendre aussi et sa sensibilité peut accrocher le spectateur.
Chacun suit sa course, mais le trio se construit, se défait parfois, devient quatuor. On discute beaucoup, on analyse. Adeptes du cinéma d’Eugène Gren et de Judd Appataw, les deux compères fantasment un temps leur vie, avant de se lancer…et l’on comprend qu’il existe de drôles d’endroits pour les rencontres.
Le scénario tient la route, même si le découpage du film peut dérouter. Le texte l’emporte sur l’image, mais avec brio. Les références sont nombreuses et le film n’est pas sans s’inscrire en partie dans la lignée de la Nouvelle Vague. On sent l’influence de Truffaut, mais aussi celle de Lelouch.
Bref un film original, frais et stimulant.

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