discussion « Avis de mistral », de Rose Bosch, 2014


« Avis de Mistral » de Rose Bosch, 2014 avismistral

J’aime assez le regard sensible que les réalisatrices françaises comme Rose Bosch portent sur l’existence, les petits travers et les grandes émotions de l’humanité.
Le sujet de son dernier film, plus léger que celui de « La Rafle », nous propose une variation sur la famille, les conflits de générations et la transmission.

A l’approche des vacances d’été, Emilie, trentenaire, doit conjuguer divorce et stage au Canada. Il lui faut donc trouver une solution pour caser ses 3 enfants. Irène, sa mère se dévoue et les rapatrie en Provence, dans la maison familiale. En soit, on peut imaginer pire comme villégiature. Mais la fratrie débarque chez Paul, le grand-père qu’ils ne connaissent que par photos interposées, un rustre aux tendances alcooliques, pas franchement ravi de les découvrir. Cela le renvoie à ses vieux démons, à la fugue d’Emilie et à leur rupture 17 ans auparavant.
L’ambiance n’est donc pas au rendez-vous. La perspective de passer « Deux mois dans ce gourbi » « emmurés vivants » rime avec enfer pour Adrien et Léa, les deux ados incapables de vivre sans ordinateur et autre portable. Comment vont-ils survivre en pleine pampa? Le premier cinéma est à 20 km et le réseau est aléatoire. Ajoutons à cela qu’ici « la télé, c’est elle qui vous regarde » et l’on comprendra mieux pourquoi chacun est persuadé que « la greffe ne prendra pas ». Entre l’écoconscience de Léa, le parisianisme d’Adrien, la surdité et le mutisme du petit Théo, Paul, incarné par un Jean Reno attendrissant, a bien du mal à communiquer. Il se réfugie au café du coin ou parmi ses oliviers qu’il chérit depuis son retour à la terre venu clore son existence hippie.
Les décors ensoleillés sont plaisants et les dialogues vifs et empreints d’humour sont jubilatoires. Le scénario tient bien la route malgré quelques clichés et quelques petites exagérations. Le casting est réussi. Il est sympa de retrouver Hugues Aufray sur les écrans, le petit Lukas Pelissier incarne un Théo tout craquant, les deux ados sont plus vrais que nature quant à Anna Galiena, elle apporte beaucoup de tendresse et de sensibilité au personnage d’Irène. J’ai plus de réserve pour Charlotte de Turckheim et Aure Atika.

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