discussion « Mandela, l’Africain multicolore » d’Alain Serres et Zau


« Mandela, l’Africain multicolore » d’Alain Serres et Zau, Editions Rue du Monde mandela

La maison d’éditions Rue du Monde recèle bien des pépites dans ses différentes collections, et notamment cet album consacré à Nelson Mandela, dans la série Grands portraits. La première parution date de 2010, mais c’est l’édition hommage publiée en 2014, que j’ai eu le plaisir de découvrir (avec en prime un portrait poster du grand homme). Sur fond de dessins aux couleurs chaudes , nous découvrons d’abord l’enfance de celui que ses parents surnommaient Rohlilahla. Tout commence donc avec sa première respiration un jour d’été de 1918 dans le village de Mvezo. C’est le temps des plaisirs offerts par la nature et de la liberté de l’enfance. « Tout semble simple » encore… Rohlilahla est le premier du village à se rendre à l’école. Bon élève, il voit pourtant sa vie basculer. S’il perçoit bien que les études constituent une voie vers la liberté, il n’en est pas moins contraint de devenir Nelson et de se confronter aux injustices, plus criantes à Johannesburg qu’au village. Etudiant en droit dans le secret espoir de changer un jour les lois, il multiplie les petits boulots histoire de survivre dans le township Alexandra, bidonville où la révolte gronde. 1948 et l’arrivée au pouvoir du parti de l’apartheid, le précipite, avec ses amis Sisulu et Tambo, dans un monde en noir et blanc, dans lequel la liberté n’est plus qu’un souvenir.
Les couleurs changent, cédant la place à la froideur, au rouge, symbole de la lutte et du sang versé. Le coeur du dessin se contente d’un noir et blanc symptomatique, tandis que le texte narre l’entrée en politique de Mandela et le combat de l’ANC. Chaque page retrace une étape de ce chemin de croix; le propos est clair, simple et didactique sans négliger pour autant une certaine poésie. La litanie de la vie carcérale est particulièrement bien rendue.
Même son long emprisonnement ne détruit pas les rêves du matricule 46664, ni sa détermination, ni son humanisme. Il faut pourtant que 27 années s’écoulent pour que nous retrouvions les couleurs chaleureuses de l’Afrique…et que les rêves se concrétisent.
Le texte, qui évite tout pathos et toute emphase, est curieusement émouvant, sans doute parce qu’il s’agit d’évoquer un être particulièrement humain, dans tout ce que le terme peut avoir de positif. Il faut bien avouer que ces êtres sont rares dans l’histoire de l’humanité! Le dessin de Zau est plaisant et convaincant. J’aime aussi le concept de la maison d’édition qui propose toujours des documents annexes variés: des photos, un petit glossaire et une biographie.

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