discussion « Le beau monde », Julie Lopes Curval, 2014


beaumonde

La question des différences socio-culturelles est un motif récurrent du cinéma, qu’on se souvienne du mythique Pretty Woman, du film culte « La vie est un long fleuve tranquille » ou du plus récent « Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu? ».
Julie Lopes Curval s’y essaie à son tour dans ce film à mon sens inabouti.
La jeune Alice vit dans la petite ville normande de Bayeux, ici caricaturée, sygmatisée comme la représentation de la France profonde. Les décors et les costumes sombrent d’ailleurs dans un manichéisme trompeur. Alice travaille dans une boulangerie en attendant de pouvoir vivre ses espérances. Travaillant la laine et réalisant des vêtements singuliers, elle aspire à vivre de ses créations. Agnès, une riche bourgeoise parisienne en villégiature dans sa résidence secondaire lui permet de réaliser son rêve: intégrer une école d’arts appliqués parisienne où elle optera finalement pour la broderie. Notre provinciale découvre alors un autre monde, plus ou moins impitoyable, mais elle s’initie aussi à la culture.
Si Agnès se plait à jouer les saint-bernard, elle apprécie nettement moins qu’Alice noue une idylle avec son fils Antoine, surtout lorsque ce dernier abandonne de brillantes études à HEC pour s’adonner à sa passion, la photographie. Le jeune homme la déniaise à tous points de vue, et joue quelque peu les pygmalions.
Le scénario avait de quoi séduire. Il verse hélas dans quelques clichés caricaturaux et s’attarde gratuitement sur certaines prises qui ralentissent le rythme. Le film manque de tempo et de tension dramatique. On a l’impression d’une certaine platitude malgré tout le relief qu’apporte la brillante prestation d’Ana Girardot, magnifique à l’écran. Bastien Bouillon n’est pas mal non plus, mais la construction de son personnage est moins bien travaillée par le scénario signé par Julie Lopes Curval et Sophie Hiet. Sergi Lopez, quant à lui, est assez touchant dans son rôle d’initiateur. La photo de Céline Bozon est belle mais pas toujours assez signifiante.
Même si ce long métrage « d’apprentissage et d’initiation » revisite les motifs de Cendrillon et d’Alice au pays des merveilles et s’appuie sur un casting efficace, on s’ennuie un peu ….

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