« Lacenaire » au Théâtre de la Huchette


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Durant ce séjour estival j’ai enfin pu découvrir le mythique théâtre de la Huchette, non pas pour redécouvrir les pièces de Ionesco, mais pour faire connaissance avec un personnage extraordinaire, au sens étymologique du terme, Lacenaire.

Pierre-François Lacenaire (1803-1836), fut un escroc et un criminel français qui défraya la chronique par son sens de la provocation et par ses écrits avant d’être guillotiné. Poète-assassin, comme il se plaisait à se présenter, il publia des chansons dans des journaux comme le Charivari, mais aussi ses Mémoires, des poèmes et des lettres.
Après Marcel Herrand dans « Les enfants du paradis », le théâtre de la Huchette se propose, jusqu’au 30 août prochain, de redonner vie à ce personnage atypique et à ses textes dans une pièce éponyme, mise en scène par Franck Desmedt.
Le texte écrit par Yvon Brégeon et Franck Desmedt puise largement dans l’oeuvre de ce marginal, ce bandit génial qui affirmait haut et fort qu’il avait signé un pacte entre la plume et le poignard. Superbement desservi par les prestations de Frédéric Kneip et Yvon Martin, la pièce nous embarque dans un rythme trépidant particulièrement jubilatoire. Kneip apporte toute sa fougue et son incroyable générosité au spectacle et il s’impose sur la scène comme habité par Lacenaire. Il trempe sa chemise au propre comme au figuré. Yvon Martin (ou Franck Desmedt selon les soirs) lui donne la réplique avec conviction. La mise en scène confère une épaisseur certaine au propos, malgré des décors minimalistes qui doivent beaucoup à Buren. Le noir et le blanc dominent la représentation qui s’appuie sur d’intéressants jeux de lumière même s’ils n’ont rien de novateurs. L’ensemble symbolise la difficile dialectique du Bien et du Mal au temps du procès …
Je me suis littéralement laissé emporter tant par le souffle, la magie provocatrice et souvent drôle du texte que par le jeu de Kneip.

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4 commentaires

  1. Bonjour et merci beaucoup pour ce retour. Par contre, il me faut rendre à César ce qui lui appartient : le texte est d’Yvan Brégeon et Franck Desmedt. Bien cordialement. Frédéric Kneip.

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