discussion « Ida » T 1 Grandeur et humiliation de Chloé Cruchaudet, Delcourt, 2009


« Ida » Tome 1 « Grandeur et humiliation » de Chloé Cruchaudet, Delcourt, 2009 ida-t1-01

Conquise par le dessin et le scénario de Chloé Cruchaudet dans « Mauvais genre », j’ai décidé de poursuivre la découverte de son œuvre avec la trilogie d’ Ida. La couverture de ce premier opus est déjà un véritable plaisir des yeux…J’aime beaucoup la patte de l’artiste, son sens des couleurs et des détails. Cette robe qui fond tissu, féminité et éléments naturels est un ravissement.
L’idée de départ, joliment illustrée par une chrysalide métaphorique haute en couleur, c’est que, souvent, le destin ne tient pas à grand chose, juste « un enchainement de circonstances, une suite de hasards. »
La narration évoque alors le destin hors du commun d’Ida Von Erkenstrud, originaire du canton de Bâle, quelque part en Suisse en cette année 1887. Elle s’apprête à endosser le rôle de la « vieille fille maladive » et pénible, coincée entre son lit et le divan. Il semble que le traitement à l’opium n’ait pas que des avantages. Un séjour à l’air marin, sur la Côte d’Azur, serait peut-être la solution. D’abord furieuse, elle est finalement plus vite conquise qu’elle ne l’imaginait.
« La mer a quelque chose de fascinant » et les français sont « très distrayants » même « s’ils sentent fortement l’ail » et s’ils sont « un peu voleurs ».
L’hypocondriaque se sent des ailes. Il ne lui reste plus qu’à se réhabituer « à ce corps en état de fonctionnement ».
Elle enchaine donc sur une croisière en Méditerranée …Espagne, Tanger, Essaouira… A Tanger elle rencontre Fortunée et trouve le ressort suffisant pour l’aider à échapper au couvent et au gouverneur. Mais cette jeune femme n’est peut-être pas tout à fait la sainte Nitouche qu’elle imaginait. Le destin d’Ida amorce alors un virage impensable. Elle contracte le virus des voyages et, inspirée par Rosa, elle décide d’écrire un livre de voyages d’un genre nouveau, un livre de listes et d’astuces pour tout bon voyageur qui se respecte.
Ses pérégrinations s’accompagnent de multiples rencontres et sont parsemées de nombreuses aventures et mésaventures, mais elles sont aussi l’occasion pour Chloé Cruchaudet de porter un regard parfois acerbe sur toute une société coloniale profondément raciste.
« tout est corrompu. Notre civilisation a gâté ce qui devait ressembler à un paradis originel. »
Le scénario mêle ainsi regard critique et humour, notamment lorsqu’Ida, brave avec un entêtement rare tous ceux qui la dissuadent et entreprend une expédition en forêt africaine, toujours vêtue de sa robe à crinoline. Voilà de quoi finir dans l’embarras et sembler bien ridicule aux yeux d’un commandant Brazza qu’on aimerait pourtant bien séduire.
Affaire à suivre…
Le scénario, pour l’instant me captive moins que celui de « Mauvais genre », sans doute faut-il attendre la lecture des tomes suivants. Le dessin, lui, est toujours aussi séduisant. Chloé Cruchaudet a vraiment tout un univers bien à elle qui mérite d’être découvert.

Un commentaire

  1. Je l’ai vu cette semaine sur un blog (gloups, j’ai la mémoire qui flanche !) et le billet était mitigé. Dommage car les couvertures sont très belles.

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