discussion « L’attentat » de Ziad Doueiri, 2013


Etoile d’Or au Festival International du film de Marrakech en 2012, ce film est l’adaptation du roman éponyme de Yasmina Khadra publié en 2005. l-attentat

Amin Jaafari, chirurgien quadragénaire d’origine palestinienne, est installé à Tel Aviv, en Israel. S’il est désormais en pleine réussite, sa position d’arabe en territoire juif n’a pas toujours été facile. Il est cependant animé d’un grand esprit de tolérance et il soigne chacun avec la même équité, dans ce pays où les victimes des conflits larvés sont encore trop nombreuses.
Il se révolte donc devant les images atroces du dernier attentat suicide commis à Tel Aviv. Il n’a pas de mots pour dire l’absurdité de cet acte qui vient de tuer onze enfants.
Mais alors qu’il croyait son épouse Sihem chez son grand-père, il est rappelé à l’hôpital pour identifier son corps. Que faisait-elle donc sur les lieux? Très vite les autorités la désignent comme la kamikaze et le soupçonnent d’une éventuelle complicité.
Il a d’abord peine à croire, lui qui n’est pas pratiquant, que Sihem, qu’il pensait chrétienne, puisse avoir appartenu aux Brigades du Laxo. La connaissait-il vraiment alors qu’il partageait sa vie depuis 15 ans? Quelles pouvaient bien être ses motivations?
« Aux hommes, on promet 72 vierges au Paradis, mais que promet-on aux femmes? ».
Il est vrai que de tels forfaits commis par des femmes sont plus médiatiques!
Commence alors un véritable chemin de croix pour Amin. dans les locaux de la police d’abord, puis dans le village familial de Sihem. Il tente de démêler songes, réflexions et souvenirs. Il aspire surtout à comprendre ce qui demeure une aberration. Il doit aussi faire face à l’hostilité. Il n’est pas le bienvenu au village où il constitue une menace pour les extrémistes. Ses amis de Tel Aviv, ne le regardent plus du même oeil non plus.
L’interprétation d’Ali Suliman (Amin) est remarquable et le scénario repose sur une tension dramatique constante. Doueiri s’intéresse évidemment à la question palestinienne et à la cohabitation parfois délicate des Palestiniens et des Israeliens, mais il s’interroge surtout sur le fanatisme, sur le sacrifice de soi au nom de la cause et sur l’identité. Connait-on l’autre un jour?

3 commentaires

  1. Suite à la lecture de ton article, j’étais prête à lire le roman …quand ma documentaliste m’a filé la BD qui en est tirée … Et qui m’a bouleversée… Je pense donc lire ce livre et également voir cette adaptation!!!

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