discussion « Claude Gueux », de Victor Hugo, 1834


« Claude Gueux de Victor Hugo, […] est une grande leçon; aidez-moi, je vous prie, à la faire profiter »
Charles Carlier, négociant qui voulut en adresser un exemplaire à chaque dépuré français.

claudeGueux
Claude Gueux est l’un de ces pauvres ouvriers, de ses « misérables » installés à Paris, avec compagne et enfant. C’est un homme aux qualités multiples, intelligent et capable, qui se voit contraint d’endosser le rôle du voleur. Son patronyme semble déjà le condamner! Son portrait, qui occupe l’incipit, porte d’emblée la marque du style hugolien: les antithèses nous invitent à la clémence:
« fort maltraité par l’éducation, fort bien traité par la nature » « ne sachant pas lire et sachant penser »…
Claude Gueux est en effet une victime. Ce sont le froid et la faim qui le poussent à voler du pain pour nourrir sa famille, non le vice. Il est cependant condamné à la prison et il découvre Clairvaux. Ironie de l’histoire, cette geôle n’est autre qu’une ancienne abbaye, un « cloître déshonoré ».
« On va voir ce que la société en a fait »
Hugo se livre alors à un véritable réquisitoire contre le principe même de la réclusion, contre cette justice profondément injuste. S’il dénonce les conditions de détention, il brosse aussi un portrait au vitriol du gardien des ateliers de la centrale de Clairvaux, monstrueux de bêtise et jaloux du charisme de Claude auprès des autres prisonniers. Il ne supporte notamment pas la forte amitié qui unit Claude et le jeune Albin et il s’arrange pour les séparer.
« Chacun des deux amis était l’univers pour l’autre ».
Meurtri mais déterminé, Claude lui lance un ultimatum pour la 4 novembre 1831.
Devant un énième refus, il le juge et le condamne à son tour mais il soumet sa décision à ses co-détenus lors d’une réunion improvisée tenant d’une cour de cassation.
Voilà comment on finit par répondre de ses crimes devant une cour d’assise…
Ce court récit, qui n’est évidemment pas dénué d’un certain manichéisme propre à Hugo, condense les grands débats qui lui tenaient à coeur: la misère et la peine de mort. Il annonce également la grande oeuvre hugolienne à venir que sont « Les Misérables »:
 » tous les paragraphes de cette histoire pourraient servir de tête de chapitre au livre où serait résolu le grand problème du peuple au dix-neuvième siècle. »
Cet apologue , qui met en oeuvre le harcèlement social et moral, s’achève sur un discours aux politiques assez virulent:
« Avec la solde de vos quatre-vingt bourreaux, vous paierez six cent maîtres d’école. »

« Cette tête de l’homme, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la…utilisez-la; vous n’aurez pas besoin de la couper. »

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